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En croisière avec Boucar Diouf

En croisière avec Boucar Diouf
Photo courtoisie

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Lorsqu’on parle des grands noms de l’humour au Québec, Boucar Diouf n’est peut-être pas le premier qui nous vient en tête. Pourtant, il n’est pas à négliger. Après avoir donné plus de 200 représentations de son dernier spectacle à guichets fermés, il revient sur les planches avec une nouvelle proposition qui marie encore savamment la science, l’histoire et l’humour.

À la fois océanographe, biologiste, conteur et humoriste, Boucar Diouf ne s’attendait pas à un tel succès pour sa tournée précédente, Pour une raison X ou Y, populaire grâce au bouche-à-oreille, concède-t-il. L’originalité de la proposition a fait son bout de chemin.

« Ç’a été à guichets fermés jusqu’à la fin. Et je l’ai arrêté parce que j’étais épuisé de le répéter. Je ne pouvais jamais imaginer qu’un spectacle parlant de sciences pouvait aller aussi loin. Ç’a été une grande surprise. Ce n’est pas quelque chose qui est très large public, je suis très conscient de ça », s’étonne-t-il à l’autre bout du fil.

Alors que la physiologie humaine était au cœur de l’offre précédente, ce sont, cette fois-ci, ses connaissances en océanographie et en histoire qui seront exploitées.

Boucar, l’explorateur

Magtogoek, le chemin qui marche, est le titre de ce spectacle qui fera de nouveau le circuit des grosses salles québécoises durant toute l’année 2018. « Magtogoek » signifie en algonquin « le chemin qui marche », un nom autrefois donné au fleuve Saint-Laurent.

Avec un voilier comme décor, il invite le public à faire une croisière sur le fleuve, où il sera le capitaine, avec un arrêt aux endroits qui ont marqué son histoire, de la Gaspésie, en passant par Rimouski, Québec et Tadoussac. La croisière s’arrêtera finalement à Montréal.

D’origine africaine, il mettra ainsi sa propre histoire en parallèle avec l’histoire du Québec, évoquant qu’il a sans doute « vécu le même choc » que Jacques Cartier à son arrivée ici.

Il sera question de pêche, d’adaptation à la nordicité, de bélugas, que ­l’humoriste de 52 ans compare aux Québécois francophones. « Ce sont deux minorités très vulnérables en Amérique du Nord, qui sont très loin de leur population d’origine », dit-il.

Pas un cours d’histoire

Les sujets sont sérieux, mais Boucar Diouf s’est donné comme mission de nous faire rire « toutes les 30 secondes. J’ai toujours trois objectifs quand j’écris un spectacle. Il faut que ça dilate la rate, il faut que ça touche le cœur, et si ça stimule l’esprit, c’est une plus-value. »

Il nous rassure en disant que personne ne va sortir de son spectacle avec un doctorat. « L’objectif n’est pas de donner un cours. Les gens ne sortent pas de la salle en se disant qu’ils connaissent maintenant l’histoire du Québec », dit-il en riant.

Bien sûr, les citations de son grand-père seront toujours au rendez-vous.

« Quand j’écris quelque chose que je n’assume pas, je le mets dans la bouche de mon grand-père. Il est là pour servir de porteur de mots. »


Boucar Diouf sera en spectacle au Monument-National de Montréal les 5, 6 et 7 avril. Il sera au Grand Théâtre de Québec les 12 et 13 avril. Pour plus de détails, voir le www.boucar-diouf.com