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Deuxième saison de Victor Lessard: Un tournage entouré de mystère

Patrice Robitaille reprend le rôle du ténébreux inspecteur et Julie Le Breton incarne une Jacinthe Taillon transformée.
Photo Ben Pelosse Patrice Robitaille reprend le rôle du ténébreux inspecteur et Julie Le Breton incarne une Jacinthe Taillon transformée.

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Secrets, suspense, interdits... Ces mots nous aideront probablement à qualifier la deuxième saison de Victor Lessard, quand elle arrivera en ligne en mai. Mais aujourd’hui, nous préférons les employer pour décrire notre visite du plateau de tournage du populaire thriller policier.

Convaincre Patrice Robitaille et Julie Le Breton de briser la loi du silence n’est pas une mince affaire. Et pourtant, quiconque veut connaître les rebondissements qui attendent les téléspectateurs au printemps peut consulter Violence à l’origine, le roman de Martin Michaud sur lequel cette nouvelle série de 10 épisodes est basée. Les comédiens le savent pertinemment, mais ils hésitent quand même à parler du scénario en détail en entrevue.

« On ne sait pas ce qu’on peut dire et ce qu’on ne peut pas dire », déclare Patrice Robitaille, qui s’est refait pousser la barbe pour camper le ténébreux inspecteur.

« On est dans un autre univers, précise Julie Le Breton, qui reprend son rôle de Jacinthe Taillon, la coéquipière du héros. L’an dernier, c’était le FLQ, la CIA, des manipulations qui remontaient aux années 1960... Cette année, on s’intéresse à une autre gang de crottés. »

Une histoire de violence

Les cœurs sensibles n’ont pas été épargnés durant la première saison de Victor Lessard, qui comprenait quelques scènes plutôt difficiles à regarder. La suite réalisée par Patrice Sauvé (Ça sent la coupe, La vie, la vie) comportera d’autres séquences du genre, mais pour l’auteur Martin Michaud, cette violence n’est jamais gratuite.

« Frapper l’imaginaire des gens en mettant des scènes de violence partout, c’est facile, observe le romancier. Mais dans tout ce que je fais, la violence n’est jamais le moteur. Ce qui m’intéresse, dans Violence à l’origine, c’est qu’est-ce qui fait qu’une personne normale utilise la violence ? Qu’est-ce qui fait que quelqu’un d’équilibré peut tout à coup basculer du côté sombre ? »

Gare aux divulgâcheurs

La visite du plateau de tournage de Victor Lessard se complique quand vient le temps de photographier Patrice Robitaille et Julie Le Breton en train de tourner une scène de bureau dans laquelle ils examinent des vidéos de surveillance qui pourraient les mener au tueur tant recherché.

Le réalisateur Patrice Sauvé, entouré de son équipe.
Photo Ben Pelosse
Le réalisateur Patrice Sauvé, entouré de son équipe.

L’équipe derrière la série se soucie peu qu’on entende certaines répliques. Ce sont les photos des victimes qu’elle craint le plus, soit celles qui tapissent les murs du commissariat. Voilà pourquoi elle défend le photographe du Journal de capter Patrice et Julie selon certains angles, de peur qu’un lecteur zélé agrandisse le cliché et remarque, en regardant les babillards truffés d’images en arrière-plan, que tel ou tel personnage est décédé.

Pour éviter de « divulgâcher » quoi que ce soit, nous ne dévoilerons qu’un seul détail-clé quant aux intrigues à venir : Victor et Jacinthe cherchent à résoudre la mort d’un haut gradé du Service de police de Montréal.

« Ça touche beaucoup de strates de pouvoir, indique Julie Le Breton. Ce n’est pas juste des méchants de fonds de poubelles. Ça implique aussi des gens en cravate. »

Patrice Robitaille
Photo Ben Pelosse
Patrice Robitaille

Une Jacinthe plus allumée

Aux dires de Patrice Robitaille et Julie Le Breton, les personnages secondaires auront plus de temps d’antenne cette année. L’un d’entre eux sera d’ailleurs interprété par Benoît McGinnis.

Quant au tandem au cœur des intrigues, quelques ajustements ont été apportés.

« Jacinthe participe plus activement à l’enquête, révèle Julie Le Breton. Elle ne sert plus juste à challenger Victor. Elle est encore drôle, mais elle est plus allumée. Tout va plus vite dans sa tête. C’est la même Jacinthe, mais c’est une meilleure policière. Parce que l’an dernier, parfois, j’étais comme “hum... Victor est tellement un bon policier, me semble qu’elle est une coche en dessous”. Je suis super contente des changements. Victor et elle forment un meilleur duo. Ils peuvent encore plus se fier l’un à l’autre. »

« Pour Victor, ça reste compliqué avec les femmes, note Patrice Robitaille. On commence à comprendre la dynamique avec son père. Mais ça reste un peu flou. »

Plus grand que nature

Les acteurs ont pris plaisir à replonger dans l’univers sombre et mystérieux créé par Martin Michaud.

« Tout est “oumphé” dans Victor Lessard, observe Julie Le Breton. Les méchants sont vraiment méchants. Tout est magnifié. C’est super intéressant à regarder, parce que c’est plus grand que nature. C’est construit comme un page turner. C’est hyper divertissant. »

« J’aime le côté américain de Victor Lessard, indique Patrice Robitaille. Le héros ne s’excuse pas d’être hot. C’est le fun. Ça nous sort du bureau ou des trucs plus quotidiens. »

De nouvelles retrouvailles

Les acteurs Julie Le Breton, Patrice Robitaille et Maxime Mailloux révisent leurs textes avant de tourner une scène.
Photo Ben Pelosse
Les acteurs Julie Le Breton, Patrice Robitaille et Maxime Mailloux révisent leurs textes avant de tourner une scène.

 

Patrice Robitaille et Julie Le Breton ont commencé à tourner les nouveaux épisodes de Victor Lessard quelques semaines après avoir terminé le tournage du film Quand l’amour se creuse un trou, dans lequel ils campaient un couple de professeurs de philosophie.

Les parcours professionnels des comédiens se sont croisés à plusieurs reprises au fil des années. De Québec-Montréal (2001) à Paul à Québec (2014), en passant par Maurice Richard (2005) et Cadavres (2007), ils ont travaillé ensemble sur tellement de projets qu’ils n’ont presque plus besoin de parler pour communiquer.

« La complicité est présente. La compréhension de l’autre aussi, indique Julie Le Breton. On commence à avoir beaucoup de back story ensemble. Quand tu t’entends bien avec un acteur, plus tu travailles avec, plus c’est le fun. Tu sens les inconforts de l’autre, tu connais ses forces, tu sens quand tu dois prendre le dessus parce que l’autre est fatigué... »

« Et entre les prises, c’est le fun aussi, ajoute Patrice Robitaille. On jase pas mal. »

► La deuxième saison de Victor Lessard sera offerte aux abonnés du Club illico à compter du mardi 15 mai.

Un tournage sportif

Patrice Robitaille et Julie Le Breton en pleine répétition.
Photo Ben Pelosse
Patrice Robitaille et Julie Le Breton en pleine répétition.

Produite par Pixcom (Apparences, Destinées) en collaboration avec Québecor Contenu, la deuxième saison de Victor Lessard a nécessité 50 jours de tournage, étalés du 24 septembre au 21 décembre.

Rencontrés à mi-parcours, Patrice Robitaille et Julie Le Breton parlaient d’un rythme endiablé, voire sportif, mais néanmoins agréable.

« L’ambiance est super, souligne­­­ le comédien. Patrice­­ Sauvé est quelqu’un de consciencieux. Tout le monde travaille extrêmement fort en très, très peu de temps. Ce n’est pas tout le temps garroché avec caméra à l’épaule. Il y a des plans complexes qui sont mis en place. »

Déménagement

Certains décors ont été déplacés pour cette nouvelle série de 10 épisodes. Les scènes de Versailles, le nom donné au quartier général des enquêteurs, sont désormais tournées à Anjou. En 2016, elles étaient tournées en plein cœur du quartier Griffintown à Montréal.

Ce changement de lieu passera toutefois inaperçu auprès des téléspectateurs. Lors de notre visite du plateau, en novembre dernier, l’illusion était parfaite. Chaque bureau était positionné au même endroit, à quelques centimètres près.

« C’est beaucoup plus le fun comme environnement, note Julie Le Breton. C’est beaucoup plus contrôlé. Il y a moins de bruit à l’extérieur. C’est plus spacieux. »

Histoire de respecter l’univers glauque de Victor Lessard, plusieurs tournages ont eu lieu la nuit.

« Quand on rentre armé dans une place et qu’il fait gros soleil, c’est moins intéressant », remarque Patrice Robitaille.

« Tout est possible »

L’auteur Martin Michaud.
Photo Ben Pelosse
L’auteur Martin Michaud.

Martin Michaud dit avoir abordé l’écriture des nouveaux épisodes de Victor Lessard d’une manière différente. Il n’avait pas vraiment le choix puisque le livre sur lequel était basée la première saison, Je me souviens, comptait 650 pages, alors que celui duquel est inspirée la suite, Violence à l’origine, en comprend 200 de moins.

« On savait en partant qu’il allait nous manquer de la matière pour faire 10 épisodes, déclare l’auteur, qui signe les textes de l’adaptation télévisuelle avec Frédéric Ouellet. On savait qu’on allait devoir inventer. On a imaginé des arcs dramatiques qui n’étaient pas dans le roman. Et c’est ce qui m’intéressait au départ. Quand j’ai accepté de faire la scénarisation de Victor Lessard, mon but, ce n’était pas de brasser la même soupe. On peut décider de suivre le roman ou pas. Tout est possible. »

Au lieu de découper le bouquin en chapitres et d’aller travailler chacun chez soi après s’être réparti la tâche également, les deux scénaristes ont mis leurs idées en commun. « Ç’a été payant, croit Martin Michaud. L’écriture s’est faite de façon beaucoup plus organique. On a trouvé une façon encore plus efficace de travailler en équipe. »