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Enceinte et bientôt expulsée: un couple menacé d’être séparé par l’immigration

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Une résidente de Thetford Mines d’origine française et sa fille de 8 ans risquent d’être renvoyées en France jeudi. Et de laisser derrière elles un «papa» en désarroi.

Enceinte de trois mois d’un père québécois, avec qui elle a déjà eu un premier fils, Élisa Jeandeau est arrivée au Québec en juillet 2010.

Elle a rencontré son amoureux environ un an après être arrivée au pays. Voilà que quelques années plus tard, au bord du découragement, le couple est menacé de séparation par l’immigration pour une affaire de «paperasse».

«C’est un peu compliqué, admet-elle en entrevue sur le plateau de l’animateur Denis Lévesque, aux côtés de son conjoint. On a fait un parrainage pour époux, conjoint de fait, qu’on a lancé en mars 2016. Puis, on a eu un refus en février 2017. On a essayé de faire un appel par rapport à ça, mais rien n’a fonctionné», se désole la citoyenne française menacée d’expulsion.

Photo courtoisie

Famille détruite DL

Des fonctionnaires ne lui auraient pas envoyé la correspondance nécessaire – pas de trace à cet effet ni dans ses courriels ni dans son courrier traditionnel –, de sorte qu’elle n’a pu remplir le formulaire qui était exigé pour sa requête.

«Les rouages au niveau de l’immigration sont extrêmement compliqués, les gens s’y perdent, on n’est pas les seuls, on ne se le cachera pas. Au début, on essaie un peu de se débrouiller par nous-mêmes. On se perd, on prend des avocats, ceux-ci ne sont pas toujours des plus sympathiques. Au final, on se retrouve déchirés, on brise des familles et on se retrouve un peu tout seuls», relate la mère de famille en retenant ses larmes de peine et de misère.

Le père québécois ne peut concevoir que sa femme retournera sans lui dans son pays d’origine, amenant avec elle leur bébé en gestation ainsi qu’une fille de 8 ans qui l’appelle «papa» – même s’il n’est pas le géniteur. «Quand je l’ai connue, elle avait seulement un an, elle ne parlait pas du tout... elle me voit totalement comme son papa, témoigne Sylvain R. Lemay. C’est quand même une famille détruite à cause d’un papier. Et même si tu le demandes, ils ne veulent même pas te le renvoyer».

La maman est inconsolable. «Je perds ma famille à moi, je perds tout ce qui est autour aussi, j’ai des enfants, neveux et nièces, à qui je me suis attachée. On me les arrache et on arrache ma fille.»