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Exploitation et traite de personnes, unanimité à l’Assemblée nationale... ou presque!

Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois
TOMA ICZKOVITS / AGENCE QMI Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois, les porte-parole de Québec solidaire, ont tenu un point de presse sur le rôle de porte-parole dans un gouvernement solidaire, au café de l'Usine C, à Montréal, vendredi le 15 septembre 2017. Sur la photo: Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois. TOMA ICZKOVITS / AGENCE QMI

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J’abordais hier ce petit privilège dont jouit Québec solidaire quand vient le temps de juger de la couverture médiatique de ce tiers parti à l’Assemblée nationale. Une couverture plus qu’appréciable pour un parti qui compte 3 députés sur 125. Un exemple ici d’une bourde de QS à l’Assemblée nationale dont peu ont entendu parler...

Tout n’est pas parfait au royaume de la gauche diversitaire, mais «heureusement», quand ce parti se plante, on en entend moins parler. Ceux qui moussent QS lorsque c’est le temps d’attiser la division des indépendantistes ou quand les QSistes grugent au sein de l’électorat du PQ sont tout à coup moins pressés de couvrir les bourdes de ce tiers parti.

Féministe, Québec solidaire? Vraiment?

Au cours des dernières semaines, une des stratégies de communication de QS fut d’insister sur la conviction féministe de ce parti. Sans trop de succès d’ailleurs.

Une sortie de la «cheffe» Manon Massé dans le cadre de la Journée internationale du droit des femmes le 8 mars dernier a beaucoup fait réagir et a permis à Jennifer Drouin, celle qui sera son adversaire péquiste dans Sainte-Marie – Saint-Jacques aux prochaines élections de l’attaquer vivement.

Loin d’être un appel à l’unité, la «charge anti-hommes» de Manon Massé avait quelque chose de franchement insultant pour tous ceux, femmes et hommes, qui ont tant donné pour l’avancement du droit des femmes au Québec. Jennifer Drouin l’a habilement rappelé dans Le Devoir.

Mais se surprendra-t-on que la «cheffe» de QS adopte des positions radicales? N’est-ce pas dans l’ADN de ce parti?

Exploitation et traite de personnes, unanimité à l’Assemblée nationale... ou presque!

Là où ça devient franchement gênant dans le cas de Québec solidaire, c’est dans un cas comme celui de la motion de la députée de Repentigny et porte-parole de la Coalition avenir Québec en matière de condition féminine, Lise Lavallée. Le tout s’est déroulé la semaine dernière à l’Assemblée nationale.

En gros, cette motion, dont le sujet n’est pas sans rappeler tout le débat entourant l’exploitation sexuelle mis de l’avant par la série Fugueuse, vise à insister pour que le gouvernement fédéral de Justin Trudeau signe le décret mettant en œuvre les dispositions de la loi C-452 adoptée en 2013 et toujours dans les limbes législatifs même si Trudeau lui-même avait voté pour, dans l’opposition.

La députée Lavallée a rappelé que « cette loi est un pas dans la bonne direction dans la lutte contre la prostitution juvénile, l’exploitation sexuelle et la traite des personnes et que celle-ci renverse le fardeau de la preuve, de la victime vers le proxénète, permet la confiscation des produits de la criminalité et prévoit des peines consécutives pour les proxénètes ».

Le texte de la motion de la députée Lavallée n’avait rien de bien sorcier, le voici:

« QUE l’Assemblée accueille favorablement la loi fédérale C-452, Loi modifiant le Code criminel (exploitation et traite de personnes) et considère qu’il s’agit d’un atout pour la lutte contre la prostitution juvénile et l’exploitation sexuelle;

QU’elle prenne acte que la Loi modifie le Code criminel afin qu’il y soit prévu des peines consécutives pour les infractions liées à la traite de personnes, qu’une présomption relative à l’exploitation d’une personne par une autre y est créée et qu’elle ajoute l’infraction de traite de personnes à la liste des infractions visées par la confiscation des produits de la criminalité;

QU’elle prenne acte que la Loi a été adoptée à l’unanimité aux Communes le 26 novembre 2013, adoptée au Sénat le 12 mai 2015 et qu’elle a reçu la sanction royale le 18 juin 2015;

QU’elle constate que l’actuel premier ministre du Canada a lui-même voté en faveur du projet de loi C-452;

QU’elle demande au gouvernement fédéral de signer le décret le plus rapidement possible pour rendre exécutoire les dispositions de la loi C-452. »

Mais voilà que l’unanimité de l’Assemblée nationale n’a pu être atteinte, car les trois députés de Québec solidaire se sont abstenus de voter. Tous les autres députés ont voté pour.

La militante féministe Johanne Heppell a remarqué la chose et a vivement contesté cette abstention de Québec solidaire sur sa page Facebook :

«Là, QS me déçoit sérieusement. C’est quoi leur trip?! Ils ont rejeté cette proposition de l’AN sur la loi fédérale [...] Comment les député.e.s d’un parti ouvertement de gauche et féministe peuvent-ils refuser d’appuyer une motion qui vise à lutter contre la traite des personnes? Je suis abasourdie

Une réaction partagée par beaucoup de gens à la suite de cette publication. Une employée de QS a tenté d’expliquer la bourde en soutenant que les députés QS se sont abstenus «car on était en train de faire les vérifications sur cette loi fédérale. Nous sommes une petite équipe et nous n’avons pas les moyens de suivre les travaux fédéraux. On a obtenu nos réponses après le vote. Dans le doute, QS s’est abstenu, mais après coup, on constate que nous aurions pu voter pour».

Soyons sérieux, c’est de l’amateurisme, point à la ligne. Il n’y avait rien de sorcier dans cette motion de la CAQ ni dans les dispositions de C-452; QS l’a échappé, tout simplement.

À moins que l’on soit toujours, chez Québec solidaire, marqués par les débats longs et houleux sur cette question comme en témoigne ce rappel de ce qui s’était passé en congrès en mai 2015 quand on abordé ce thème en particulier...