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La canneberge du Québec au cœur d’un litige commercial

L’Europe cherche de nouvelles sources d’approvisionnement

Des canneberges de Fruit d’Or
Photo courtoisie Des canneberges de Fruit d’Or

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La canneberge du Québec pourrait se retrouver au centre d’une guerre commerciale entre l’Europe et les États-Unis, si jamais l’administration Trump décide de mettre à exécution sa menace de taxer les importations d’aluminium et d’acier en provenance du Vieux Continent.

L’Union européenne a identifié une liste de produits américains agroalimentaires et industriels qu’elle pourrait imposer à son tour, incluant la canneberge.

L’entreprise québécoise Fruit d’Or a été rencontrée par des importateurs européens pas plus tard que la semaine dernière en vue d’une éventuelle riposte.

« On leur a dit que c’était impossible pour nous de combler tous ces marchés-là. On ne peut pas augmenter notre capacité de production en criant ciseaux. La prochaine récolte est seulement au mois d’octobre », a raconté Sylvain Dufour, vice-président, ventes et marketing, chez Fruit d’Or.

Explosion de la demande

Sylvain Dufour, vice-président, ventes et marketing, chez Fruit d’Or, affirme que 85 % du chiffre d’affaires est réalisé sur les marchés étrangers, dont 35 % en Europe.
Photo courtoisie
Sylvain Dufour, vice-président, ventes et marketing, chez Fruit d’Or, affirme que 85 % du chiffre d’affaires est réalisé sur les marchés étrangers, dont 35 % en Europe.

Depuis six mois, les commandes de l’entreprise ont explosé en faisant un bond de 66 %, avec l’entrée en vigueur de l’accord économique entre le Canada et l’Union européenne. « Pour nous, c’est beaucoup ! Tellement que c’est trop. Il faut calmer le jeu », a ajouté M. Dufour.

Les défis de cette industrie sont considérables puisqu’il faut prévoir au moins trois ans pour obtenir une récolte après les premières semences.

« Ça nous prend du temps pour réagir à des augmentations aussi subites. Ce sont des beaux défis, mais cela crée des contraintes importantes. On a plusieurs comités qui travaillent là-dessus », a-t-il expliqué.

Augmenter la production

Fruit d’Or est en pourparlers avec des producteurs locaux pour les convaincre d’augmenter leurs superficies de production. Au cours des dernières années, l’entreprise québécoise a investi de son côté 75 M$ dans ses installations, dont la construction d’une usine à Plessisville. Avant l’entrée en vigueur de cet accord économique, la canneberge et le bleuet étaient fortement taxés. La canneberge séchée était soumise à une taxe de 17,6 % et les purées de fruit, 24 %. Depuis la levée de ces mesures, Fruit d’Or peut disputer des parts de marché avec des géants comme Ocean Spray.


♦ Selon le site Libération, les produits américains qui sont visés par l’Union européenne pourraient coûter 25 % plus cher.

 

L’industrie en chiffres :

  • Le Québec produit 225 millions de livres de canneberges par année.
  • En 2017, la récolte a connu une baisse de 40 %.
  • Le Québec est la deuxième région la plus productrice en Amérique du Nord après le Wisconsin (É.-U.) qui produit entre 500 et 600 millions de livres par année.
  • Fruit d’Or (siège social à Villeroy) : 225 employés dans 4 usines.