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Pitbulls: la SPCA craint l’euthanasie de «milliers de chiens»

Bloc Pitbull
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Le projet de loi sur l’encadrement des chiens dangereux pourrait forcer la mise à mort de milliers de chiens dans les refuges, a affirmé la SPCA de Montréal en commission parlementaire mercredi.

Malgré une clause grand-père qui permet aux propriétaires actuels de conserver leur animal, le projet de loi ne prévoit rien pour les pitbulls qui se retrouveront dans les refuges animaliers.

Puisqu’il deviendra impossible de les adopter, «ces chiens-là vont se retrouver interdits du jour au lendemain», affirme la représentante de la SPCA Montréal, Sophie Gaillard.

Quelques minutes plus tôt, elle avait déclaré devant les élus que le projet de loi 128 obligerait la SPCA «à mettre à mort systématiquement des milliers de chiens qui se retrouvent dans nos refuges chaque année, peu importe leur comportement».

Les chiens pourront toujours être envoyés en adoption ailleurs au Canada, mais cette solution est irréaliste en raison de leur nombre élevé, juge Sophie Gaillard.

La pièce législative prévoit également la possibilité d’envoyer l’animal dans un laboratoire de recherche pour être utilisé dans l’expérimentation animale, ajoute-t-elle.

Vies humaines

Présente aux audiences de la commission parlementaire pour une deuxième journée consécutive, la sœur de Christiane Vadnais – cette Montréalaise tuée par un pitbull l’an dernier – n’a pas été ébranlée par la possibilité que des chiens soient euthanasiés.

«C’est une beaucoup plus belle mort que [celle que] ma sœur a connue, de se faire manger vivante», a lancé Lise Vadnais.

Elle souligne qu’elle ne souhaite pas «que les chiens meurent pour rien». «Mais si on me demande de choisir entre euthanasier un pitbull et une vie humaine, vous comprendrez que mon choix est vite fait», dit Lise Vadnais.

Opposition de Montréal

Au moment de présenter le projet de loi l’an dernier, le ministre Martin Coiteux s’était engagé à bannir les pitbulls par règlement, tel que le lui permettra la nouvelle loi.

Mais le ministre se fait désormais plus évasif. C’est que la nouvelle mairesse de Montréal, Valérie Plante, s’oppose à une telle interdiction basée sur la race, tout comme la Ville de Laval.

Martin Coiteux tente désormais de trouver des «points de ralliement» avec celles-ci, puisqu’elles seront responsables de l’application de la loi. «C’est important de travailler avec nos partenaires municipaux parce qu’ultimement c’est au niveau des cités et des villes que ça va se jouer», dit-il.

La Ville de Montréal a toutefois décliné l’invitation de Québec à participer aux audiences sur le projet de loi. L’administration Plante a plutôt choisi de faire parvenir un mémoire, dans lequel elle propose notamment la création d’un registre national des morsures, des programmes de sensibilisation dans les écoles et un encadrement plus strict pour l’élevage et la vente de chiens.