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Stage payé pour des futurs enseignants

Une piste de solution à la pénurie de professeurs

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Des finissants en éducation de l’Université de Montréal pourront dès cet automne être rémunérés comme suppléants lors de leur stage final, ce qui aidera à contrer la pénurie d’enseignants qui frappe le Québec.

Le projet pilote qui sera lancé lors de la prochaine rentrée permettra à certains étudiants de quatrième année au baccalauréat en éducation préscolaire et primaire de l’Université de Montréal (UdeM) d’obtenir des contrats de suppléance à la Commission scolaire de Montréal (CSDM). Ils recevront le salaire prévu par la convention collective de la CSDM.

« Il y a un besoin criant d’enseignants qualifiés dans le milieu scolaire, particulièrement à Montréal », rappelle Pascale Lefrançois, vice-doyenne aux études de premier cycle à la Faculté des sciences de l’éducation de l’UdeM.

Pascale Lefrançois<br>
<i>Vice-doyenne à l’UdeM</i>
Photo courtoisie
Pascale Lefrançois
Vice-doyenne à l’UdeM

« Alors, comment faire pour ajouter des gens un peu plus qualifiés que monsieur et madame Tout-le-monde pour aller enseigner dans les classes ? C’est là qu’on a pensé à nos étudiants de dernière année », explique-t-elle.

Cours l’été et le soir

L’horaire des étudiants qui participeront au projet sera aménagé afin qu’ils puissent suivre leurs cours l’été, le soir et la fin de semaine et travailler de jour pendant toute l’année scolaire.

Les futurs professeurs demandent depuis plusieurs années à être payés lors du dernier stage de leur formation puisqu’ils sont alors appelés à assumer la tâche d’un enseignant à 100 %.

« Ça va créer une certaine stabilité pour les enfants aussi. S’il y a un poste qui se libère l’année suivante, il y a bien des chances que l’étudiant qui a déjà fait de la suppléance à l’école puisse s’intégrer facilement », souligne Catherine Harel Bourdon, présidente de la CSDM.

Pas tous les étudiants

Ce ne sont toutefois pas tous les étudiants qui seront admissibles au projet, précise Pascale Lefrançois. Ils devront répondre à certaines conditions d’excellence, comme celles d’avoir un bon dossier scolaire et d’avoir réussi leurs trois premiers stages sans difficulté.

« On est très conscients que ce sont encore des étudiants, et non des diplômés, alors on veut s’assurer que ce soit des personnes qui sont capables de prendre en charge une classe, pour ne pas nuire aux vrais élèves à qui ils vont enseigner », indique la vice-doyenne.

Jusqu’à 60 étudiants pourront prendre part au projet pilote. Environ 130 diplômés en éducation préscolaire et primaire sortent chaque année de l’UdeM.

« Si ça fonctionne bien, peut-être qu’on offrira la même chose dans d’autres programmes — comme l’enseignement au secondaire ou en adaptation scolaire — dans l’avenir », conclut Mme Lefrançois.