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Paysages abstraits et couleurs exotiques

Phelipe Soldevila présente une nouvelle exposition, «Peinture au volant»

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On n’est pas encore entré dans la salle d’exposition de la nouvelle série d’œuvres de Phelipe Soldevila, qu’il joue d’entrée de jeu avec nos émotions.

Le 731b Côte d’Abraham est un endroit d’apparence douteuse situé au fond d’une petite ruelle, entre deux bâtiments. On y marche, craintif, vers la porte, pour ensuite descendre des escaliers sombres.

Mais un effet se crée lorsqu’on passe le seuil de la porte. Le local est neuf, lumineux, les toiles sont extraordinairement colorées. Le contraste est totalement voulu. Phelipe Soldevila a déniché ce petit endroit inusité grâce à l’entreprise Bloc Solutions, à qui l’endroit appartient.

« Tu fais douter les gens sur le lieu jusqu’à tant qu’ils entrent. Le visiteur tombe en mode contemplatif », dit-il, ajoutant que l’exercice vise aussi à démocratiser les lieux culturels, comme les galeries d’art.

Beaucoup à contempler

Il y a beaucoup à contempler dans le petit local. Les œuvres sont denses, riches, colorées de rose, de turquoise, de bleu. Certaines font éclater les couleurs tropicales, tandis que d’autres ont un côté quasi charnel, très doux.

« Je veux que les gens aient un sentiment de bien-être. Je veux travailler dans le subconscient des gens. J’aimerais ça qu’un jour quelqu’un regarde une de mes toiles et ait envie de faire l’amour », lance le sympathique artiste en riant.

Phelipe Soldevila est connu pour ses grandes murales extérieures (celle créée en l’honneur de Pearl Jam, à côté de l’Anti, entre autres) et ses œuvres de très grands formats. Pour la première fois, son approche est minimaliste.

Occupé avec son collectif Canadian Bacon (ils ont peint deux années consécutives au palais du Bonhomme Carnaval), il n’avait pas fait d’exposition en solo depuis trois ans. Puis, il a vécu l’an passé ce que tout artiste redoute : le syndrome de la page blanche.

L’inspiration s’est « réveillée » cette année. Le titre de l’exposition, Peinture au volant, fait référence aux termes « alcool au volant ». Dans son cas, ça fait plutôt référence à quand il sort de son atelier, ivre de son art, après de très longues journées de création, où il oublie parfois de prendre un repas.

« Mon atelier, c’est comme l’auberge espagnole. Des fois, je peux peindre et il y a plein de gens autour, c’est une ambiance festive. Donc est-ce que je prends mon auto avant d’aller à l’atelier ? C’est une question que je me pose. À la minute que je prends un verre, je ne prends pas mon auto. »

« La logistique de l’auto, aussi niaiseux que ça peut être, a été présente tout le temps. Et le nombre de contraventions que j’ai eues pour le stationnement, c’est capoté. Ici (sur côte d’Abraham), le stationnement autour est 60 minutes. Chaque heure, je dois sortir de mon focus. Ça influence la création, c’est certain », a-t-il ajouté.

Il y a un lien avec l’auto aussi dans ses paysages abstraits, ses lignes d’horizon, tels des axes routiers, explique celui qui s’est exilé à Charlevoix pour sa série de tout petits formats.


► L’exposition est accessible au public vendredi, dès 16 h, jusqu’à tard dans la soirée, ainsi que samedi et dimanche entre 12 h et 18 h. Après dimanche, il faudra prendre rendez-vous avec l’artiste pour visiter.