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Les deux chapeaux d’Amir Khadir au service de la maladie de Lyme

Le député Amir Khadir
PHOTO AGENCE QMI, TOMA ICZKOVITS Le député Amir Khadir

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Pour une rare (si ce n'est pas la première) fois depuis qu’il est élu, Amir Khadir a porté deux chapeaux jeudi en commission parlementaire: celui de député de Québec solidaire et celui de médecin spécialiste en microbiologie-infectiologie.

En effet, le député a eu l’occasion de mettre ses connaissances à contribution lors de la commission parlementaire de la santé et des services sociaux (CSSS) qui entendait notamment l’Association québécoise de la maladie de Lyme.

Cette dernière a vu sa pétition, signée par 9000 personnes, être saisie par l’Assemblée nationale, une première en quatre ans. Des 82 pétitions déposées à la CSSS, aucune n’avait connu de suite depuis le début du mandat.

Avec la collaboration des autres groupes parlementaires, le président de la commission, Richard Merlini, a accepté de partager le temps de parole alloué à chacun des députés pour permettre à Amir Khadir de bénéficier d’une plus longue période pour intervenir.

«Normalement, M. le député de Mercier, dans une audition de 60 minutes, vous disposez d'un temps de parole de trois minutes, mais grâce au partage du temps que j'alloue... qui est permis aujourd'hui avec la collaboration de tous, vous disposez de 14 min 30 s. À vous la parole, M. le député de Mercier, parce que vous avez votre expertise qui est bien particulière et qui sera très utile pour nos travaux», a précisé M. Merlini.

«Je signale à mes collègues que j'ai développé aussi une expertise sur l'évasion fiscale, mais on ne me donne pas... Je vous taquine. Bon. Ceci étant dit, je veux d'abord remercier le Dr Perronne et les citoyens, les groupes de citoyens qui se sont mobilisés pour rendre une telle chose possible, pour qu'on réfléchisse», a déclaré à la blague le député.

Au cours de ses interventions, le député de Mercier a déploré qu’une «bataille idéologique» et qu’une «guerre d’ego» puissent avoir retardé certaines avancées en la matière, que les patients «ne sont pas adéquatement identifiés, parce que (les) tests ne sont pas adéquats» et qu’ils sont souvent «laissés à l’abandon».

Il a aussi demandé à ce qu’un centre de recherche et de prise en charge des infections comme la maladie de Lyme soit mis sur pied, tel que l’ex-ministre de la Santé, Yves Bolduc, avait précédemment tenté d’introduire.

Amir Khadir demandera aussi au Collège des médecins d’avoir l’«ouverture» de permettre aux médecins d’initier des traitements antibiotiques chez les personnes atteintes de ces infections chroniques, «en attendant que des études poussées soient faites». 

Un cas «commercial»

Par ailleurs, en février dernier, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, avait tenu un point de presse d'urgence, afin de «remettre les pendules à l’heure» quant aux critiques formulées par le Parti québécois qui reprochait au gouvernement de négliger les patients atteints de la maladie de Lyme.

Il avait soutenu que si les États-Unis semblent offrir des diagnostics plus pertinents qu’au Québec, c’est parce que certains médecins américains en font un cas «commercial».

«Le charlatanisme [en médecine], ça existe pour des raisons commerciales au sud de la frontière», a-t-il déclaré.

Il avait toutefois reconnu que «ce qui est flou ici est flou aussi aux États-Unis» en plaidant que les diagnostics de la maladie sous sa forme chronique peuvent être très difficiles et confondants.