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Nutriart investit 10 M$ pour fabriquer plus de chocolat

L’entreprise de Québec se prépare à doubler sa capacité de production

La cure d’amincissement est terminée pour Laura Secord, qui a retrouvé la voie de la rentabilité, affirme le président de l’entreprise, Jean Leclerc, qui est aussi copropriétaire de Nutriart. Sur la photo, Jean Leclerc et son fils, Jean-Philippe Leclerc, directeur de l’innovation, devant le magasin Laura Secord de Place Ste-Foy, à Québec, vendredi dernier.
Photo Jean-François Desgagnés La cure d’amincissement est terminée pour Laura Secord, qui a retrouvé la voie de la rentabilité, affirme le président de l’entreprise, Jean Leclerc, qui est aussi copropriétaire de Nutriart. Sur la photo, Jean Leclerc et son fils, Jean-Philippe Leclerc, directeur de l’innovation, devant le magasin Laura Secord de Place Ste-Foy, à Québec, vendredi dernier.

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L’usine Nutriart, qui transforme 25 tonnes métriques de fèves de cacao par jour pour ses clients comme Laura Secord, double sa capacité de production avec un projet d’agrandissement de 10 M$ à ses installations de Québec.

Pâques est la fête où il se vend le plus de chocolat, avec la Saint-Valentin, l’Halloween et Noël, affirme Jean Leclerc, propriétaire de Nutriart avec son frère, Jacques.

Au cours des huit dernières années, la fabrication de chocolat par l’entreprise a plus que doublé. Pour soutenir sa croissance, Nutriart ajoute une nouvelle ligne de production et procède à la modernisation de ses équipements.

« On a un plan pour fabriquer plus de tonnages. Une grande partie de l’augmentation de la production sera vendue aux États-Unis, où l’on a embauché quelqu’un pour faire du démarchage de manière intensive. Notre but, à terme, c’est de vendre autant aux États-Unis qu’au Canada », a expliqué M. Leclerc. Avec un chiffre d’affaires oscillant autour de 120 M$, l’objectif est ambitieux, mais réalisable, croit-il. À l’heure actuelle, 10 % des ventes de Nutriart sont effectuées aux États-Unis.

« Le marché américain est tellement énorme ! On veut se concentrer sur les États-Unis. En doublant notre capacité de production, nous serons en mesure d’aller chercher de nouveaux clients et de pouvoir répondre aux périodes de pointe en tout temps », a ajouté l’homme d’affaires lors d’une rencontre avec Le Journal.

Laura Secord

À la suite de décisions qui n’ont pas toujours été faciles à prendre, Laura Secord a retrouvé la voie de la rentabilité, a-t-il souligné. Après l’acquisition en 2010, les nouveaux propriétaires ont dû se retrousser les manches pour redresser le navire.

« Quand on a acheté Laura Secord, ce n’est pas un grand secret, c’était une compagnie en difficultés financières. Disons qu’elle avait manqué d’amour parce qu’elle a trop souvent changé de main. Sans prétention, je peux dire que nous avons réussi. »

Laura Secord achète son chocolat de Nutriart. La chaîne compte 105 magasins. Une quarantaine d’emplacements ont été fermés au fil des ans, mais une vingtaine de nouveaux magasins se sont ajoutés.

« On a fait des moves pour rester pertinent. On est présentement au CHUM à Montréal. Qui aurait dit, il y a trente ans, qu’on aurait un Laura Secord dans un hôpital ? » lance l’homme d’affaires.

Le Québec est un important exportateur de chocolat

Bien que la fève de cacao ne pousse pas au Québec, le chocolat et les produits dérivés de cacao représentent le deuxième groupe de produits bioalimentaires les plus exportés par la province.

En 2017, les exportations de chocolat et des autres produits dérivés du cacao ont atteint 1,16 G$. Les États-Unis représentent près de 98 % du marché des exportations québécoises.

La viande de porc est le premier produit le plus exporté par le Québec au chapitre de la valeur dans l’industrie bioalimentaire, avec 1,6 G$.

Selon Raymond Dupuis, vice-président exécutif de Groupe Export agroalimentaire Québec-Canada, le sucre est un intrant important dans la fabrication de chocolat qui peut varier de 40 % à 60 % du contenu.

Le prix du sucre

Or, aux États-Unis, le sucre coûte plus cher en raison de mécanismes instaurés pour protéger l’industrie sucrière, a expliqué M. Dupuis. Le gouvernement américain soutient de façon artificielle les prix du sucre au-dessus des prix mondiaux et des prix canadiens afin de supporter la production domestique de sucre de canne et de sucre de betterave.

« Cela fait en sorte que l’écart au niveau du coût de fabrication peut atteindre jusqu’à 75 %. C’est énorme ! Les États-Unis ne sont pas les seuls à se livrer à cette pratique. L’Europe aussi le fait », a affirmé M. Dupuis.

Certains joueurs profitent de cet avantage concurrentiel comme le fabricant suisse Barry Callebaut, qui, depuis 1997, exploite une usine de fabrication de chocolat à Saint-Hyacinthe. Ces installations sont d’ailleurs devenues l’une des plus importantes en Amérique du Nord.

D’après les évaluations du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, la province représente un acteur marquant dans la filière mondiale du cacao et il représente un exportateur en très forte progression.

Les importations de cacao au Québec viennent principalement d’Afrique de l’Ouest (Côte d’Ivoire, Ghana et Nigéria), de l’Équateur, de l’Indonésie et de la République dominicaine.