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Tramway en priorité

Tramway en priorité
Photo courtoisie, Ville de Québec

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Les libéraux ont pris les grands moyens pour mettre à l’abri le projet de tramway de Québec, dans le budget 2018, mais rien n’indique une réelle volonté d’aller de l’avant avec un troisième lien. Et c’est très bien ainsi à cette étape.

En plus des sommes promises il y a deux semaines pour le tramway, le budget Leitao prévoit ce qui s’apparente à un pare-feu supplémentaire contre toute volte-face en cas de défaite libérale aux élections de l’automne. Un montant d’un milliard de dollars est en effet réservé pour assurer sa réalisation.

Contre toute attente, la CAQ a signifié son appui au projet la semaine dernière, lequel fait donc l’unanimité à l’Assemblée nationale. Néanmoins, les libéraux ont préféré jouer de prudence et empêcher tout retour en arrière par des engagements sérieux.

La Ville de Québec planche sur un projet de transport structurant depuis 10 ans et a dû présenter une nouvelle mouture après l’abandon du SRB en 2017.

L’heure n’est plus aux reculs ni aux tergiversations dans ce dossier très bien documenté. Il est par conséquent judicieux de parer à de nouveaux écueils qui pourraient l’empêcher de progresser.

Position ambiguë

Si les libéraux annoncent clairement leurs couleurs pour ce qui est du tramway, ils adoptent une position beaucoup plus ambiguë à propos du troisième lien.

À l’instar de Philippe Couillard, les ministres de la région de Québec se gardent bien de remettre en doute sa réalisation. Peu importe si l’étude qui doit permettre d’en apprécier la pertinence n’est même pas encore effectuée, ils promettent carrément de faire le projet.

À six mois d’une campagne électorale, il faudrait être aveugle pour ne pas y voir un engagement prématuré qui vise à couper l’herbe sous le pied des caquistes.

Le chef de la CAQ, François Legault, a fait du troisième lien son cheval de bataille dans la région, et promet même de brûler des étapes pour le construire plus vite, et à tout prix.

Pluie de milliards

Libéraux et caquistes font clairement le calcul que promettre des routes sera profitable le jour du scrutin. Ainsi, sans aucune gêne, ils font pleuvoir des promesses de plusieurs milliards de dollars sur la région de Québec, pour réaliser deux gigantesques projets.

Pourtant, si le gouvernement fédéral se montre enclin à financer des projets de transport structurant, par le biais de généreux programmes, il n’a pas manifesté d’appétit pour de nouveaux liens routiers.

Alors est-ce réaliste de penser que le gouvernement du Québec aura les moyens d’investir encore des milliards dans un lien entre Québec et Lévis au cours des prochaines années, si jamais sa pertinence était démontrée?

En réponse à cette question mardi, le ministre des Finances Carlos Leitao a parlé de limites et d’une marge de manœuvre qui rétrécit dans le Plan québécois des infrastructures. À ses côtés, Pierre Arcand, président du Conseil du trésor, a évoqué l’absence d’un consensus relativement au projet, dans la région de Québec.

Pour une fois que des élus faisaient preuve d’un peu de lucidité dans ce dossier émotif dont on ne sait encore à peu près rien de concret, ça faisait du bien à entendre.