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Imposer le multiculturalisme aux Québécois, un geste à la fois...

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Photo Agence QMI

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Un conseiller de Montréal, Marvin Rotrand, exhorte le Service de police de Montréal de changer ses règles afin de permettre aux policiers de porter le hidjab et le turban.

La mairesse de Montréal Valérie Plante, grande supportrice du multiculturalisme elle-même, se dit ouverte à l’idée.

Le Québec en a terminé de ce débat-là? Les gens en position d’autorité tels que les juges et les policiers sont-ils désormais autorisés à exercer leurs fonctions en affichant de façon ostentatoire leur appartenance à une religion?

Les Québécois se sont-ils prononcés en faveur de l’application du multiculturalisme canadien de 1982? Ils se sont prononcés en faveur du retour du religieux au sein de leurs institutions? Ils ont tourné le dos à la laïcité de ces mêmes institutions?

Désolé, je devais être en hibernation, car aux dernières nouvelles, ce débat n’était pas réglé. Mais là, pas du tout.

Le Parti libéral a bien fait adopter son projet de loi 62 (PL 62) en la matière, mais il a dû recourir à sa majorité parlementaire pour imposer SA vision du vivre ensemble à la majorité des Québécois. Voilà bien la pire façon de définir les règles du vivre ensemble.

Tant la CAQ que le PQ ont promis de jeter aux oubliettes ce PL 62 s’ils étaient élus lors des prochaines élections. Ces deux partis étant attachés à la laïcité et aux principes minimaux établis par la commission Bouchard-Taylor dont l’un est la neutralité des gens en position d’autorité.

À l’opposé, les députés libéraux fédéraux et le PM du Canada lui-même ont promis de tester les limites du PL 62 devant les tribunaux, car selon eux, c’est une atteinte aux droits fondamentaux.

Pour les premiers, la solution du PLQ en matière de vivre-ensemble est inacceptable, car elle ne va pas assez loin dans le sens des principes d'une société laïque, pour les seconds, ce même projet de loi va beaucoup trop loin et n'épouse pas assez les principes d'une société dont le vivre ensemble est régi par le multiculturalisme..

Bienvenu dans le monde des deux solitudes. Les Québécois sont attachés aux principes de laïcité de leurs institutions, n’en déplaise aux bien-pensants de l’idéal diversitaire à Montréal.

La firme Léger avait sondé les Québécois sur cet enjeu en 2013 quand le PQ avait déposé son (mal nommé) projet de Charte des valeurs. Les résultats de ce sondage sont intéressants, mais mériteraient d’être rafraichis. On y constate un fort clivage selon la division linguistique, mais géographique aussi selon que les répondants étaient à Montréal ou en région.

Le Parti québécois a bien tenté de légiférer sur la laïcité, maladroitement à certains égards, mais au moins ce débat s’est fait visière levée, sur la place publique.

Ce que tentent de faire les inconditionnels du multiculturalisme en ce moment c’est d’imposer, à la pièce, par la porte arrière, ce que les Québécois n’ont jamais sanctionné.

Alors que le PLQ tentait de faire adopter son liberticide PL 59, le premier projet de loi sur le vivre-ensemble que proposait le Parti libéral, l’ex-bâtonnière du Québec Julie Latour et l’avocat Julius Grey –que l’on peut difficilement qualifier de méchants identitaires mettons -  s’étaient indignés, justement que le PL 59 voulait imposer par la porte arrière, les principes du multiculturalisme :

« Le projet de loi no 59 participe d’une rectitude politique dangereuse, issue de l’idéologie de multiculturalisme canadien, que le Québec n’a jamais cautionnée. »

Il faut dénoncer ceux qui tentent de court-circuiter les débats qui devraient être tenus sur cette question. Rien n’a été réglé par le projet de loi 62 du Parti libéral; il est inadmissible que les règles du vivre-ensemble soient imposées par majorité parlementaire. Ou par la pression de politiciens qui semblent bien se foutre que ces débats ne soient pas résolus. 

La question du vivre-ensemble devra être un enjeu important de la prochaine campagne électorale. Les partis politiques auront à expliquer ce qu'ils entendent proposer aux Québécois en matière de vivre ensemble. Dans Rosemont, par exemple, la différence entre un candidat «souverainiste» qui appuie le multiculturalisme et un autre, chef d'un parti qui défend la laïcité.

La population tranchera.