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Travaux sur la rue Bishop: un cri du cœur des commerçants

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MONTRÉAL | Pertes financières, places de stationnement supprimées et manque de visibilité, des commerces de la rue Bishop lancent un cri du cœur, tandis que la Ville de Montréal promet de leur venir en aide.

«C’est le désespoir. La rue, ils l’ont foutue en l’air. Je ne sais pas quel fou va revenir s’installer ici», a lancé le propriétaire du restaurant italien Ferrari, Elio Schiavi.

Ce dernier affirme que son chiffre d’affaires a chuté de 80 000 $ en 2017 par rapport à l’année précédente, en raison de travaux de construction d’un nouveau système de ventilation par la Société de transport de Montréal, qui perdurent depuis octobre 2016 sur la rue Bishop, entre le boulevard De Maisonneuve et la rue Sainte-Catherine.

Les travaux, qui s’échelonneront jusqu’au milieu de l’année 2020, ont entraîné la fermeture d’une partie du trottoir et d’une voie de circulation automobile en plus de supprimer une quarantaine de places de stationnement.

Photo Agence QMI, Zacharie Goudreault, 24 Heures

«C’est très difficile pour les gens de nous voir de la rue. Même quand ils nous connaissent, ils n’arrivent pas à nous trouver», a déploré de son côté Olivia Wu, propriétaire du restaurant japonais Chicha Donburi, qui est encerclé par les barrières du chantier.

Solutions à venir

La Ville de Montréal a annoncé mardi la création d’un groupe d’experts qui proposera en juin des solutions aux enjeux qui touchent les commerces, comme les chantiers de construction et la lourdeur administrative.

«On en parle souvent de la rue Bishop parce que c'est la situation qu'on veut éviter», a déclaré la mairesse Valérie Plante en conférence de presse.

Ces mesures arriveront toutefois trop tard pour les nombreux restaurateurs de la rue Bishop qui ont mis la clé sous la porte dans les derniers mois.

«Nous, on était en retard avec le loyer. On a demandé de l’aide de la Ville. On n’a rien eu dans les délais demandés, donc j’ai donné ma clé au propriétaire du commerce contre la somme que je lui devais», a raconté l’ancien propriétaire du restaurant Kafein, Gaby Najjar.

Ce dernier déplore le manque d’actions prises par la société de développement commercial Destination centre-ville pour rendre la rue attrayante malgré les travaux.

Photo Agence QMI, Zacharie Goudreault, 24 Heures

«Les attractions, les idées de promotion, le budget pour de l’art, toutes ces choses-là auraient dû être faites par Destination Centre-Ville. Ils ont juste laissé faire carrément», a déploré M. Najjar.

Le directeur général de l'organisme, André Poulin, ne partage pas cet avis.

«Ce n’est pas à nous à nous occuper de tous les inconvénients que subissent les commerçants au centre-ville. À notre avis, c’est à ceux qui font des travaux de s’en occuper», a-t-il soutenu.

Par courriel, la STM s’est dite consciente des «inconvénients» causés par le chantier sur les commerçants, mais n’a pas indiqué si elle comptait prendre des mesures particulières pour leur venir en aide.

- Avec la collaboration de Sarah Daoust-Braun