/opinion/columnists
Navigation

Plus égoïste que généreux?

Coup d'oeil sur cet article

La mort a durement frappé la petite communauté de Humboldt. Cette tragédie innommable a touché l’ensemble des Canadiens, d’un océan à l’autre, et même au-delà de nos frontières. Il est impossible de rester de marbre devant un pareil coup de gueule du destin.

Pour les familles et les proches, tout comme pour les citoyens de cette ville, le deuil sera long et pénible.

Pourquoi ?

Mais est-ce que tout l’argent du monde arriverait à faciliter le passage de cette épreuve ? La question est peut-être brutale, mais elle est pertinente. Car dans les heures qui ont suivi le terrible accident, une collecte de fonds via les médias sociaux fut rapidement mise sur pied par une citoyenne de Humboldt. Celle-ci voulait s’assurer que les frais funéraires des familles puissent être couverts. En moins de 48 heures, le cap du 5 millions de dollars fut franchi.

Mais pourquoi au juste ? Avons-nous identifié des besoins précis ? Il y a fort à parier que la plupart des parents seront indemnisés par des assurances, ou encore que le gouvernement provincial, tout comme le gouvernement fédéral, s’impliquera dans l’organisation des obsèques.

L’âme en paix

Les endeuillés et les survivants ont besoin de sentir que nous pensons à eux et que nous partageons leur détresse. Pas de savoir que nous nous donnons bonne conscience en donnant un « p’tit vingt ». Il s’agit peut-être d’une intention noble au départ, mais au final, c’est un peu comme si nous nous achetions des indulgences comme dans le temps. Si plusieurs disent que cette collecte de fonds témoigne d’un élan de générosité exceptionnel, j’oserais affirmer que cela reflète un certain égoïsme : « Moi, je vais donner, parce que moi, je suis une bonne personne, et que moi, je suis généreux. Puis je vais retourner devant ma télé, l’âme en paix. » Mais pendant ce temps, les morts seront encore morts.