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L’entraîneur écope pour l’élimination du SKA

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Photo AFP À la suite de l’élimination de son équipe en demi-finale de la KHL, Oleg Znarok perd non seulement son titre d’entraîneur-chef à Saint-Pétersbourg, mais également celui de l’équipe nationale russe.

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La KHL a tout fait en son pouvoir pour que le SKA de Saint-Pétersbourg gagne la Coupe Gagarine. Elle a permis à l’équipe de faire le plein de joueurs vedettes en pigeant dans les autres formations de la ligue et en dépassant, sans réelles conséquences, le plafond salarial. Les arbitres de la KHL ont aussi été avisés d’être cléments envers ses joueurs.

Mais rien de tout cela n’a été suffisant. Malgré les traitements de faveur et les éloges, les joueurs vedettes du SKA, dont la plupart ont remporté la médaille d’or olympique avec l’équipe russe, semblaient démotivés. La complaisance a eu des effets prévisibles en troisième ronde des séries éliminatoires contre une équipe tout aussi talentueuse, mais beaucoup plus affamée, le CSKA de Moscou, qui a défait le SKA en six matchs.

Dans le dernier match de la série, le SKA a gaspillé une avance de 2 à 0 et ne semblait pas vouloir concurrencer l’intensité du CSKA. Même dans une ligue comme la KHL, sans parité et avec plusieurs équipes qui profitent d’un traitement spécial, gagner demande quand même des efforts.

Les représailles des autorités du hockey russe ont été rapides et impitoyables, alors que l’entraîneur-chef Oleg Znarok a été immédiatement renvoyé du SKA et de l’équipe nationale. En fait, le départ de Znarok du SKA serait volontaire et aurait été prévu depuis un certain temps, selon le principal intéressé.

Endurer la pression de diriger l’équipe préférée de Vladimir Poutine n’est pas quelque chose qu’on peut faire pendant longtemps, comme l’a appris l’entraîneur précédent du SKA, vainqueur de la Coupe Gagarine, Slava Bykov. Toutefois, le congédiement de l’équipe nationale de Znarok est indubitablement une mesure punitive de la Fédération russe de hockey.

Pour la mise en contexte, Znarok est l’entraîneur qui a eu le plus de succès dans l’histoire postsoviétique de la Russie. Il a gagné le Championnat du monde en 2014 et les Jeux olympiques en 2018. Il y a quelques semaines, il était acclamé comme un héros national, ce qui rend l’explication offerte par Vladislav Tretiak, le dirigeant de la fédération russe de hockey (« Znarok est fatigué mentalement »), plutôt absurde.

D’autres ont suggéré que la victoire en prolongation contre l’Allemagne n’était pas quelque chose dont on pouvait être fier, ce qui n’a pas empêché Tretiak de se vanter de cet accomplissement dans sa campagne pour sa réélection. Aucun autre candidat n’a brigué son poste, d’ailleurs. « Nous étions à 55 secondes d’une honte qu’on n’aurait jamais pu effacer », a remarqué le légendaire Slava Fetisov, dont la relation avec Tretiak est plutôt froide.

Mais considérant que les dirigeants du SKA et du hockey russe sont souvent les mêmes, les vraies raisons ne sont pas difficiles à déduire. Particulièrement après l’annonce selon laquelle Znarok serait remplacé dans ses deux fonctions par le même entraîneur, Ilya Vorobyev. En Russie, même une médaille d’or olympique ne peut vous protéger si vous ne livrez pas la marchandise avec le SKA.

Direction LNH

Znarok n’est pas le seul à quitter le SKA après la défaite en finale d’association. Ilya Kovalchuk tentera, comme prévu depuis longtemps, d’effectuer un retour dans la LNH. Le joueur vedette a déjà annoncé ses intentions de faire l’impasse sur le Championnat du monde au Danemark afin de préparer son retour en Amérique du Nord.

Bien qu’il ne puisse signer avec aucune équipe avant le 1er juillet, on rapporte déjà, en Russie, que Kovalchuk a un accord verbal pour une entente de plusieurs années avec les Rangers de New York. La nouvelle semble logique, considérant le désir affirmé de Kovalchuk de jouer pour une équipe qui évolue dans un gros marché, mais elle l’est moins considérant son désir de joindre une équipe prétendant à la coupe Stanley.

Encore plus intéressant, le coéquipier de Kovalchuk Slava Voynov manquera également le Mondial pour la même raison. Le défenseur tentera de retourner dans la LNH. Pour Voynov, la tâche sera plus difficile puisqu’il a été déporté des États-Unis après avoir été accusé de violence conjugale.

Voynov a besoin que le Département d’État américain rétablisse son visa avant même de pouvoir discuter avec les équipes de la LNH et de tenter de les convaincre de prendre le risque de lui offrir un contrat.

Azevedo en tête

L’Ak Bars de Kazan pourrait ne pas survivre à la bataille contre le CSKA en finale de la Coupe Gagarine, mais personne n’a été plus impressionnant au cours des séries éliminatoires que l’attaquant Justin Azevedo.

Inexplicablement retranché de l’équipe olympique, Azevedo a répondu avec 20 points en 14 matchs éliminatoires, brisant du coup le record de l’Ak Bars, qui appartenait à Alexei Morozov. Joueur petit, mais très combatif, Azevedo joue le type de jeu nord-américain qu’apprécie l’entraîneur de l’Ak Bars Zinetula Bilyaletdinov.

Si Kazan surprend le CSKA en finale, le joueur de 30 ans sera sûrement choisi comme le plus utile des séries, ce qui serait une première pour un joueur canadien dans la KHL.