/opinion/blogs/columnists
Navigation

UQAM: ceuzes et celleux qui en fument du bon!

UQAM
Photo Agence QMI, JOEL LEMAY

Coup d'oeil sur cet article

 

 

Quand il fait gris et froid, que l’on souffre de dépression saisonnière, qu’on est écoeuré de l’hiver, rien de mieux que l’UQAM pour nous remonter le moral en nous faisant rire aux éclats.

 

Ce matin, j’ai failli me faire pipi dessus en lisant ce texte sur des étudiants de l’UQAM qui proposent à leurs profs une écriture dégenrée.

Ça pourrait donner des phrases comme « ceuzes qui sont contributeurices sont heureuxes».

 

https://www.lapresse.ca/actualites/education/201804/16/01-5161299-un-groupe-propose-aux-profs-de-luqam-dadopter-un-francais-degenre.php

 

« Le document propose ainsi des graphies comme «nombreuxes» ou «heureuxe», en plus de pronoms inusités comme «ille (s), iel (s), cellui, celleux ou ceuzes». »

 

À la rigueur cela ressemble à du vieux français. Comme dans ce poème de Joachim du Bellay « Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme cestuy-là qui conquit la toison».

 

J’ai une idée : après l’écriture dégenrée pourquoi pas un discours décérébré ? Il me semble qu’on est dans la bonne voie.

 

Déjà que je trouve l’écriture inclusive idiot.e, personne ne pourra me convaincre qu’en inventant des mots neutres (et aussi laids), on va combattre efficacement la discrimination envers les personnes trans binaires ou non binaires dans le genre.

 

La communauté LGBTQ fait face à des réalités préoccupantes : discrimination, taux de suicide, etc. Il y a des combats qui méritent d’être menés et qui vont recueillir l’appui de la population. Mais inventer des « contributeurices » et des « cellui », c’est, pardonnez-moi l’expression, de l’enculage de mouche. On s’enfarge dans les fleurs du tapis.

 

Mon Dieu c’est Jordan Peterson qui va s’étouffer dans son café quand il va lire ça !

 

Mais au-delà de ces considérations linguistiques, ce qui me fait le plus capoter dans le document de ces étudiants de l’UQAM, c’est la section suivante :
« « L'humour est déconseillé »

« Certaines stratégies mises en place pour aborder d'autres sujets sensibles ou contentieux ne sont pas nécessairement adaptées dans le cas des enjeux LGBTQIA+. L'humour est généralement déconseillé : en effet, de quoi et de qui rit-on, et à quel prix ? Jouer l'avocat du diable dans les cas d'enjeux affectant la dignité et les droits fondamentaux de certaines personnes est inadmissible, que cela soit performé par l'enseignant-e ou l'étudiant-e. Enfin, la discussion libre autour d'une oeuvre d'art controversée, d'un article de presse polémique ou de tout autre document dont le contenu n'est pas explicitement annoncé comme problématique peut vite mal tourner. Le débat peut provoquer des interventions violentes si l'enseignant n'énonce pas clairement son approche du document. Pour être bien utilisée, l'analyse doit porter sur une question dont les réponses ne portent pas atteinte au respect des personnes concernées. »

On croirait lire un manifeste du Politburo ! L’humour est déconseillé ? Le débat peut mal virer ?

Mais qu’est-ce qu’ils veulent, ces petits lapins fragiles, ces petits flocons de neige incapables de faire face au moindre obstacle intellectuel ?

En plus des « trigger warnings », en plus des « safe spaces », il va falloir étouffer tout débat, tout discours le moindrement confrontant ?

 

Mon fils n’a que 10 ans mais maudit que je n’ai pas hâte qu’il s’en aille à l’université. Dans huit ans, pensez-vous que ça va être mieux ... ou pire ?