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Le parfait cocktail du décrochage scolaire

Une vaste étude identifie comment l’environnement influence la réussite scolaire

Cégep de Trois-Rivières
Photo d’archives, Amélie St-Yves Le taux de diplomation au secondaire varie beaucoup selon les municipalités. Par exemple, en Mauricie, le taux varie de 60 % à 82 % ; dans Lanaudière, il varie de 68 % à 82 % ; et dans les Laurentides, il varie de 67 % à 83 %. Sur la photo, le cégep de Trois-Rivières, pavillon des Humanités.

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Il n’y a pas que la qualité de l’enseignement ou le parcours individuel d’un jeune qui influence sa réussite scolaire. L’environnement pèse aussi dans la balance, confirme une vaste étude québécoise qui jette un regard inédit sur plusieurs facteurs territoriaux associés au décrochage scolaire. Michel Perron, un des plus grands experts en la matière au Québec, y a collaboré. « C’est la première fois qu’on a des résultats aussi définitifs, qui sont assez spectaculaires » puisqu’ils sont très solides sur le plan méthodologique, affirme-t-il. Voici un tour d’horizon de facteurs qui augmentent les risques de décrochage scolaire.

► Grandir dans une famille monoparentale

Les jeunes qui grandissent avec un seul parent à la maison sont plus à risque de décrocher que les autres, confirme cette étude, qui montre que le taux de diplomation est plus faible dans les municipalités où les familles monoparentales sont plus nombreuses. Les parents qui doivent s’occuper seuls de leurs enfants à la maison consacrent souvent moins de temps aux devoirs et leçons et sont, de manière générale, moins impliqués dans la vie scolaire de leurs enfants par manque de temps, explique-t-on.

► Grandir en banlieue

Les jeunes qui grandissent dans des quartiers plus anciens, dont la construction des bâtiments date d’avant 1950, ont plus de chances de réussir que ceux habitant dans des quartiers plus récents, comme les banlieues construites à partir des années 1960. Les parents qui résident en banlieue et travaillent en ville partent tôt le matin et arrivent plus tard le soir à la maison, ce qui laisse moins de temps à consacrer aux devoirs et leçons, avance prudemment M. Perron en guise d’explications.

► Habiter dans un logement trop petit

Les élèves qui habitent dans des logements surpeuplés, dont le nombre de chambres est jugé insuffisant pour le nombre d’occupants, sont aussi plus à risque d’abandonner leurs études. Le manque d’espace peut nuire au sommeil et rendre difficile la période de devoirs et leçons à la maison, qui doivent se faire dans le calme, avance-t-on en guise d’explications.

► Être entouré d’adultes sans diplôme

Les jeunes qui grandissent dans des municipalités où il y a une forte proportion d’adultes âgés entre 25 et 64 ans n’ayant aucun diplôme sont plus à risque de décrocher que les autres. Cette étude confirme qu’être entouré de parents ou d’adultes scolarisés, qui valorisent l’éducation et qui peuvent servir de modèles, peut faire une différence.

► Habiter loin d’un cégep

Cette étude permet d’affirmer pour la première fois que plus un élève habite loin d’un cégep, moins il a de chances d’obtenir son diplôme d’études secondaires. « Ce n’est pas seulement l’accès au cégep qui est plus grand à cause de la proximité, mais aussi le taux de diplomation au secondaire. On vient ajouter une couche de plus » à ce qu’on savait sur l’influence des cégeps dans leurs milieux, explique Michaël Gaudreault, un des coauteurs de l’étude.


Des chercheurs provenant du cégep de Jonquière et de l’Université du Québec à Chicoutimi ont analysé 172 indicateurs pour chacune des 101 municipalités régionales de comté (MRC) à l’étude. Les résultats de ce travail de recherche seront publiés sous peu dans une revue scientifique française.

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