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L’université et Laurier Québec dans la mire

Deux mois avant la tuerie de la mosquée, Bissonnette s’est rendu armé au centre commercial

Alexandre Bissonnette
Photo tirée du site de Facebook Alexandre Bissonnette

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Avant de commettre son carnage à la mosquée, Alexandre Bissonnette avait songé à s’en prendre « aux étudiants de l’Université Laval » ou encore « d’aller tirer sur des gens » à Laurier Québec.

Le rapport psychologique de l’expert Marc-André Lamontagne déposé en défense révèle que c’est en 2014 que la spirale destructrice a commencé à absorber Bissonnette, après des années d’intimidation. D’ailleurs, selon l’expert, l’intimidation serait « le moteur qui a mené à cette tuerie ».

Au printemps de cette année-là, Bissonnette a été bouleversé par une tuerie survenue en Californie et par l’histoire du tireur.

Un modèle

« Elliot Rodger n’avait pas de copine, pas de vie. Il en voulait à tout le monde, il détestait la race humaine. Monsieur Bissonnette se reconnaissait dans cet individu », a rapporté l’expert dans ses notes.

« À partir de ce moment, les choses ont pris une tournure plus sinistre » et Bissonnette, qui voulait se suicider, a mis son plan sur la glace et élaboré celui d’obtenir son permis de port d’armes.

« Pour lui, il y avait quelque chose de cool et d’excitant associé au pouvoir des armes. Il a également avoué avoir menti aux questions portant sur sa santé mentale pour pouvoir obtenir son permis », a ajouté le psychologue.

Déprimé et jonglant toujours à l’intimidation et au suicide, Bissonnette a décidé qu’il voulait « faire souffrir du monde », car « c’était leur faute ».

Il a aussi révélé à l’expert qu’à ce moment-là, une voix dans sa tête lui disait qu’il ne pouvait pas « se gaspiller comme ça ». L’idée lui est alors venue de se rendre à l’Université Laval pour y abattre des étudiants.

Au Starbuck

Le 26 novembre 2016, il s’est rendu à Laurier Québec muni de deux pistolets et de cinq chargeurs contenant 10 balles chacun.

« Dans un stationnement souterrain, il a pris l’un de ses pistolets et l’aurait armé. Il aurait pris de l’alcool et jonglé avec l’idée de se suicider dans sa voiture ou d’aller tirer sur des gens dans le centre commercial », a précisé l’expert.

Les pistolets cachés dans son sac à dos, il s’est dirigé au café Starbucks de l’endroit, puis l’idée lui est passée pour ressurgir le 29 janvier 2017, le soir de la tuerie à la mosquée.

« Au moins, pendant les derniers instants de ma vie, j’allais être comme Dieu. J’allais décider de la vie ou de la mort... Après m’être fait écœurer, une fois dans ma vie, c’est moi qui aurais le gros bout du bâton. Après m’être senti insignifiant, je ne le serai plus », a-t-il confié à l’expert.

 

Faits troublants révélés dans le rapport psychologique

  • En 2016, Bissonnette a déchiré la Bible puisqu’elle ne lui avait apporté « aucune réponse et aucune aide ».
  • L’idée de commettre une tuerie à la mosquée lui est venue entre Noël et le jour de l’An lorsqu’il est passé devant le centre.
  • Bissonnette s’était formé un jury imaginaire composé de 12 jeunes hommes qui se sont suicidés à la suite d’épisodes d’intimidation. Ce jury devait « le juger après sa mort ».
  • Il s’était convaincu qu’un fanatique dangereux fréquentait la mosquée de Québec. Il voulait « en tuer un pour en sauver cent ».
  • Alexandre Bissonnette est réhabilitable, selon l’expert.