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Frais de logement: la CAQ veut voir les allocations des autres avant de dévoiler les siennes

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Photo d'archives Simon Clark Les députés caquistes sont prêts à dévoiler leurs allocations de logement secrètes, mais seulement si le PQ et les libéraux dévoilent les leurs.

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Les députés caquistes sont prêts à dévoiler leurs allocations de logement secrètes, mais seulement si le PQ et les libéraux le font aussi.

«On est d’accord pour les rendre publics, en autant que ce le soit pour tout le monde. C’est ce qu’on a signifié au PQ et au PLQ. On est d’accord pour les montrer, on veut juste que tout le monde les montre», a lancé le chef caquiste François Legault mercredi.

Le Journal révélait ce matin que la quasi-totalité des élus de l’Assemblée nationale, libéraux et caquistes en tête, refusaient de dévoiler leur allocation de frais de logement, payée par les contribuables.

Des 125 élus siégeant au Parlement, 115 étaient admissibles l’an dernier au remboursement de leurs frais de logement, jusqu’à concurrence de 15 300 $ non imposables. Seuls neuf députés, les trois de Québec solidaire (QS) et six du Parti québécois (sur 27), ont accepté de rendre publics les montants qu’ils ont réclamés en frais de logement pour l’année 2016-2017.

Il n’est pas certain que cette règle du secret change malgré l’ouverture de la CAQ. En chambre, le leader parlementaire libéral Jean-Marc Fournier a renvoyé la question au président de l’Assemblée nationale Jacques Chagnon. Le chef péquiste Jean-François Lisée se dit toutefois «très ouvert» à rediscuter de ces règles. Pour l’instant, il affirme laisser le choix à ses députés de révéler ou non combien ils reçoivent.

«Désolant»

Pour le député de Québec solidaire Amir Khadir, qui prône la transparence totale, la réponse de la CAQ est «désolante». «Mais quelle est cette conception de l’éthique?» a-t-il laissé tomber.

Il estime qu’il est inacceptable qu’un parti comme la CAQ, «qui ne se gêne pas pour dénoncer à qui mieux mieux la moindre incartade aux dépenses d’un fonctionnaire qu’on envoie en formation quelque part», refuse de dévoiler les dépenses de ses députés en matière de logement.

Transparence

«Si l’État a prévu un budget pour le fonctionnement de l’Assemblée, c’est de l’ordre public, et les gens ont le droit de porter un jugement», a dit M. Khadir.

Mardi, les députés avaient adopté à l’unanimité une motion présentée par Québec solidaire (QS) suggérant aussi à l’Assemblée nationale de faire preuve de plus de transparence.

Le Journal révélait cette semaine à quel point l’Assemblée nationale fait piètre figure en matière de transparence lorsqu’il est question des déplacements des députés à l’étranger, mais aussi du président de l’institution.