/weekend
Navigation

Un livre qu’on a aussi bien aimé!

Armel Job
Photo courtoisie Armel Job

Coup d'oeil sur cet article

Fidèle à lui-même, l’écrivain belge Armel Job signe un roman touchant dont l’intrigue nous hantera longtemps.

Une chose qui ne cesse de nous surprendre d’année en année, c’est la vitesse à laquelle Armel Job enchaîne les romans. Car s’ils se suivent sans jamais se ressembler, ils ont tous un point en commun : quelle que soit l’intrigue ou l’époque choisie, ils parviennent systématiquement à nous bouleverser.

« Comme je me suis mis à écrire sur le tard, j’avais en réserve plein d’histoires que je voulais raconter, explique Armel Job, qu’on a cette fois encore pu joindre chez lui à Bastogne, petite ville du sud de la Belgique où il a longtemps enseigné. Du reste, je n’attends pas les moments de grâce pour me mettre au travail : chaque jour, je m’installe à mon bureau et je m’oblige à poursuivre mon récit. »

Au cours des derniers mois, Armel Job a ainsi passé l’essentiel de ses journées aux côtés de Claude Jansens, un modeste aide-pharmacien de 29 ans qui, dès l’arrivée du week-end, s’empresse de filer à la campagne pour rendre visite à ses parents vieillissants. Un fils exemplaire ? Oui et non, parce que s’il est toujours prêt à leur donner un coup de main, il retourne surtout à Vieusart pour voir sa tante Adrienne, dont il est secrètement amoureux.

<b><i>Une femme que j’aimais</i></b><br />
Armel Job, aux Éditions Robert Laffont, 306 pages
Photo courtoisie
Une femme que j’aimais
Armel Job, aux Éditions Robert Laffont, 306 pages

Depuis que le frère de son père a succombé à une crise cardiaque après avoir fait fortune en ouvrant sa propre boucherie, Adrienne compte en effet sur lui pour venir lui tenir compagnie tous les samedis dans sa jolie villa. À 55 ans, elle est elle-même particulièrement jolie et malgré leur différence d’âge, Claude est la seule personne avec qui elle peut s’exprimer librement entre deux tasses de thé. Mais quand elle tentera de lui confier un très lourd secret lié à son passé, Claude refusera de l’écouter. Ce qu’il regrettera amèrement quelques semaines plus tard, lorsqu’il découvrira le corps d’Adrienne sur le plancher de sa jolie cuisine.

Une enquête laborieuse

« Avec ce livre, j’ai eu envie de montrer qu’on ne connaissait souvent pas grand-chose de la vie de nos proches, ce que j’ai personnellement pu constater au décès de mes parents, précise Armel Job. On les côtoie pendant un grand nombre d’années, mais avant nous, ils ont eu une autre vie, une vie qu’il est parfois impossible de soupçonner. C’est un peu l’expérience que Claude fera en essayant d’en savoir plus sur la vie d’avant d’Adrienne. »

Déterminé à découvrir ce qu’elle avait souhaité lui révéler de son vivant, Claude commencera donc à enquêter sur le trouble passé de sa tante. Une tâche ardue, surtout quand on s’improvise détective du jour au lendemain ou quand la plupart des personnes susceptibles d’apporter des témoignages éclairants ne sont plus là depuis longtemps pour le faire. Mais à force de creuser, Claude parviendra à interroger une poignée d’individus l’ayant jadis régulièrement croisée. Et d’un entretien à l’autre, il aura chaque fois un peu plus de mal à relier les points, à saisir ce qu’elle a réellement vécu pendant sa jeunesse, Adrienne ayant manifestement consacré le plus clair de sa courte existence à en brouiller les pistes. Avec le recul, Claude commencera d’ailleurs sérieusement à penser que sa mort n’a probablement rien de naturel...

Qui veut la fin veut les moyens !

Sans être un vrai thriller psychologique, Une femme que j’aimais nous entraîne ainsi assez vite dans les méandres d’une histoire qui nous réservera de nombreux rebondissements. « En écrivant ce livre, je n’avais pas de plan précis, souligne Armel Job. Je savais le secret d’Adrienne et je savais vers quoi j’allais, mais pour ce qui est de l’enquête, je l’ai inventée au fur et à mesure en me demandant ce que moi je ferais à la place de Claude. En apprenant qu’Adrienne a fréquenté pendant des années un petit café du coin, il essaiera par exemple de rencontrer le serveur de cette époque et petit à petit, les choses se mettront en place. »

« Par contre, je ne savais pas la fin et ça m’angoissait pas mal, parce que durant toute l’écriture, je me demandais ce qui allait se passer, ajoute Armel Job. Après tout, Adrienne aurait très bien pu mourir naturellement et alors, rien ne serait arrivé... »