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Une grande performance

OS – La montagne blanche aborde le deuil et la libération dans une forme non traditionnelle

OS - La montagne blanche
Photo courtoisie Magali Cancel Steve Gagnon conclut de très belle façon sa trilogie sur le deuil et les pertes avec OS – La montagne blanche.  

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Les objets théâtraux qui sortent de l’ordinaire sont habituellement intéressants. Steve Gagnon ne rate pas son coup avec OS – La montagne blanche, un spectacle qui mélange le théâtre, la musique et une grande performance de comédien.

Dernier volet d’un triptyque sur le deuil et les pertes, OS – La montagne blanche est une proposition explosive présentée dans une forme non traditionnelle.

À l’affiche jusqu’à samedi, à la Maison pour la danse, la nouvelle création de Steve Gagnon est un spectacle déambulatoire où le comédien circule à travers un public debout.

OS – La montagne blanche raconte l’histoire d’un jeune archéologue qui quitte tout, après la mort de sa mère, pour aller faire des fouilles sur un site en Colombie. La pièce est aussi une remise en question de nos rites funéraires en regard de ce qui se fait ailleurs dans le monde.

« Un rituel précolombien, qui n’existe plus et qui avait piqué ma curiosité, consistait à déterrer les morts de l’année et à les asseoir à la table, lors d’un grand repas, régler des comptes, leur poser des questions et s’adresser à eux une dernière fois. Cette pratique s’est ensuite transformée avec un voisin, proche de la famille, qui prenait les traits du défunt », a indiqué Steve Gagnon, lors d’un entretien.

Croisement entre le concert rock, la pièce de théâtre et la performance solo, OS – La montagne blanche plonge dans le vide laissé par la mort d’une mère. Un deuil, précise le comédien, qui n’est pas autobiographique.

« Ma mère est en vie, mais j’ai une grande peur de perdre les gens que j’aime, et ce fut quelque chose de problématique à une époque de ma vie. La pièce est une façon de confronter mes démons et un prétexte pour parler de désobéissance et de liberté », a-t-il ajouté.

Expérience unique

En sueur, en puissance, en douceur et parfois en transe, Steve Gagnon offre une performance magistrale, accompagné par une superbe trame musicale interprétée en direct.

Debout sur trois promontoires, éclairé par des ampoules, des néons et des luminaires, il raconte des moments de vie, parle des douleurs du deuil, des banlieues qui sont tristes à mourir, des difficultés d’être un bon amoureux, à quelques pouces du public.

Le dosage entre les envolées poétiques et les segments réalistes est bien équilibré. On ne tombe jamais dans la métaphysique des choses. C’est très terre à terre.

Avec un spectacle qui dure 80 minutes, OS – La montagne blanche est une proposition exigeante. Il y a quelques sièges où l’on peut s’asseoir, mais l’expérience est totale lorsqu’on s’approche et que l’on entre dans la bulle du comédien. On quitte la Maison pour la danse avec le sentiment d’avoir vécu quelque chose.


► OS – La montagne blanche est présenté jusqu’au 5 mai à la Maison pour la danse.