/news/green
Navigation

Les Québécois devront s’habituer aux inondations

Les catastrophes naturelles qui font des ravages au Québec seront de plus en plus dévastatrices en raison des changements climatiques

Coup d'oeil sur cet article

Les crues historiques qui défigurent le territoire québécois et inondent les maisons depuis deux ans sont le début de catastrophes naturelles qui prendront de l’ampleur et qui s’accentueront au cours des prochaines années.

Les études des chercheurs québécois confirment qu’il y aura une augmentation des précipitations en raison des changements climatiques qui entraîneront une croissance du nombre d’inondations et de glissements de terrain au Québec.

La rivière Saint-Charles est aussi sortie de son lit dans quelques secteurs situés au nord de Québec.
Photo Agence QMI, Marc Vallières
La rivière Saint-Charles est aussi sortie de son lit dans quelques secteurs situés au nord de Québec.

« Nous allons voir une combinaison de facteurs qui génèrent des risques d’inondations, que ce soit au printemps, mais aussi en plein hiver », affirme Philippe Gachon, chercheur à l’Université du Québec à Montréal, spécialiste en événements extrêmes et en risques climatiques. « On a une épée de Damoclès au-dessus de la tête. »

Étude pour la Ville de Rigaud

Ce dernier vient tout juste de terminer une étude pour la Ville de Rigaud, qui a vécu d’énormes inondations l’an dernier.

« Dans les prochaines décennies, toutes les simulations de modèles régionaux pointent dans une seule et même direction : dans le contexte du réchauffement, les intensités de précipitations vont augmenter ».

Ce qui inquiète également les experts, ce sont les dépressions météorologiques qui s’installent au même endroit durant plusieurs jours, comme nous le vivons à l’heure actuelle.

Une crue majeure de la rivière Beaurivage a endommagé plusieurs habitations près de la route 116, à Saint-Étienne-de-Lauzon.
Photo Pierre-Paul Biron
Une crue majeure de la rivière Beaurivage a endommagé plusieurs habitations près de la route 116, à Saint-Étienne-de-Lauzon.

« Habituellement, les systèmes dépressionnaires passent en une journée. Si jamais ça reste et que nous avons d’autres systèmes qui suivent... nous avons les ingrédients pour qu’il y ait la goutte d’eau qui fait déborder le vase. »

Réactions en chaîne

Depuis l’an dernier, les sols du Québec sont gorgés d’eau. Déjà, en 2017, le Québec avait connu un hiver chaotique.

Des températures de 15 degrés avaient notamment été observées. Les débits des rivières au mois de février étaient beaucoup plus forts qu’à la normale.

« Et il y a eu un dégel très rapide avec des séquences de précipitations très intenses qui ont généré des inondations », dit M. Gachon.

L’été pluvieux qui a suivi n’a jamais permis aux sols de s’assécher, menant notamment à des records de glissements de terrain. Le sol a gelé à nouveau à l’automne, alors qu’il était toujours saturé de liquide.

Aujourd’hui arrive ce printemps 2018 très instable. De grosses quantités de neige sont tombées tardivement en avril, suivies de fortes précipitations de pluie.

« On a l’impression que c’est le jour de la marmotte, illustre le chercheur. Cette année, les sols n’en peuvent plus et ils sont encore gelés. On observe des torrents. »

Après les inondations, les glissements de terrain devraient suivre, dit le chercheur. « Sans mettre ma main au feu, il est clair que les sols sont saturés. C’est certain que nous allons continuer à avoir des glissements de terrain. »