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620 puits gaziers abandonnés à la charge de l'État

puits inactifs
Simon Clark/Agence QMI Le ministre Pierre Moreau

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Après des années de laisser-aller, le gouvernement Couillard met les bouchées doubles pour s’attaquer aux 620 puits pétroliers et gaziers abandonnés situés un peu partout au Québec, mais ne sait toujours pas combien sont perdus sur le territoire.

Le ministre des Ressources naturelles, Pierre Moreau, a annoncé mercredi un plan de près de 2 M$ par année pour sécuriser les puits de gaz et de pétrole dans un souci «de protection de l‘environnement et pour rassurer le public».

M. Moreau a fait cette annonce quelques jours après des révélations du Journal sur un rapport «alarmant» remis au gouvernement il y a deux ans et gardé secret, qui révèle que près de 40 puits présenteraient des signes de fuites un peu partout dans la province, mais aucun travail n’a été effectué

Le ministre a été dur pour l’administration du MERN sous l’égide de son prédécesseur Pierre Arcand. Lorsqu’il a été nommé, M. Moreau a constaté plusieurs imprécisions dans la surveillance des puits. «Très sincèrement, moi, ça ne me satisfait pas», a-t-il noté.

M. Moreau souligne qu’il y avait une différence entre ce qui était constaté sur le terrain par les inspecteurs et ce qui était consigné dans les rapports. Par exemple, lorsque le ministère «ne pouvait pas repérer un puits», on demandait à l’employé d’indiquer «qu’il s’agissait d’une situation conforme».

Résultat des courses : trois ans et demi après avoir lancé son plan d’action pour l’inspection des puits inactifs, le gouvernement est incapable de dire combien de puis inactifs sont portés disparus et combien ont été retrouvés. «Sur les 618 puits, je ne serais pas en mesure de vous dire combien ont été trouvés ou combien n'ont pas été trouvés», a admis le ministre Moreau.

Pour l’instant, moins d’une dizaine de personnes travaillent à localiser et à corriger les puits abandonnés qui ont des fuites, dont seulement deux inspecteurs sur le terrain. M. Moreau promet de tripler les ressources en embauchant entre autres des consultants à l’externe.

«Une vraie farce»

Pour le président du Syndicat de la fonction publique du Québec, Christian Daigle, cette annonce est une «vraie farce». «On a deux personnes pour faire l’inspection sur tout le territoire du Québec, et là M. Moreau nous fait une belle annonce à la veille des élections. Combien de temps ça va durer? Un an? Et puis on retombe à deux employés?», a-t-il dénoncé.

«Ils n’ont rien fait pendant quatre ans. Rien ne va se passer d’ici les prochaines semaines. Donc il va falloir attendre après les élections et c’est l’ensemble des citoyens du Québec qui vont payer pour», a-t-il ajouté.

Les groupes environnementaux sont aussi sceptiques face à cette annonce, une «manœuvre visant à rassurer la population au moment où le gouvernement s’apprête à accélérer l’exploration pétrolière et gazière au Québec». «La population n’est pas dupe et comprendra qu’il n’y a rien dans ce plan d'inspection qui rendrait le développement des hydrocarbures au Québec plus acceptable considérant qu’il menace l’eau, l’environnement et va à l’encontre de nos engagements climatiques», a déploré Patrick Bonin, porte-parole de Greenpeace dans un communiqué de presse.