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16 écoles en très mauvais état à Québec

La commission scolaire de la Capitale remporte la palme du nombre d’écoles les plus vétustes

À Québec, l’école primaire De l’Aventure et l’école secondaire Joseph-François Perreault sont en « très mauvais » état, selon le ministère de l’Éducation. Des travaux d’agrandissement et de rénovations sont prévus d’ici l’été 2019 à l’école De l’Aventure, située dans le secteur Loretteville.
Photo Stevens Leblanc À Québec, l’école primaire De l’Aventure et l’école secondaire Joseph-François Perreault sont en « très mauvais » état, selon le ministère de l’Éducation. Des travaux d’agrandissement et de rénovations sont prévus d’ici l’été 2019 à l’école De l’Aventure, située dans le secteur Loretteville.

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Le rythme des travaux s’accélère dans le réseau scolaire, mais il reste encore beaucoup à faire. Dans la région de Québec, 16 écoles sont en «très mauvais» état, selon les plus récentes données obtenues par Le Journal.

Le ministère de l’Éducation attribue à chaque bâtiment scolaire de la province une cote de A à E qui représente son «indice de vétusté physique». Les écoles qui obtiennent la cote A sont en «très bon» état alors que celles qui se voient attribuer la cote E sont en «très mauvais» état. La cote C représente un état «satisfaisant».

Au ministère de l’Éducation, on précise qu’une école avec un indice de vétusté élevé ne représente pas un risque pour la santé et la sécurité des élèves. Plus les coûts des travaux à réaliser sont élevés par rapport à la valeur du bâtiment, plus cet indice est élevé.

Dans la région de la capitale, 4 écoles secondaires et 12 écoles primaires ont obtenu la cote E (voir encadré) sur environ 200 établissements. La moitié des écoles de la Rive-Nord sont toutefois en «mauvais état» lorsqu’on inclut celles qui récoltent la cote D, selon un bilan gouvernemental daté du 1er janvier 2018.

C’est la commission scolaire de la Capitale qui compte le plus grand nombre d’écoles en «très mauvais» état. La situation s’est pourtant améliorée au cours des dernières années, affirme son directeur des ressources matérielles, Éric Fortin. L’indice de vétusté global de cette commission scolaire a diminué au fil des ans, puisque les sommes consacrées à la rénovation d’école sont à la hausse, indique-t-il. L’an dernier, cette commission scolaire a reçu une enveloppe de 33 millions $ pour faire des travaux, une somme qui est passée à 37 millions $ cette année.

M. Fortin souligne par ailleurs que le calcul de l’indice de vétusté physique des écoles est parfois trompeur. L’école primaire de la Source, par exemple, récole toujours la cote D même si elle a récemment fait l’objet de travaux évalués à 800 000 $. «On a pourtant l’impression d’être dans du neuf, quand on entre dans cette école», lance-t-il. Certaines composantes des bâtiments, comme les fondations, ne seront jamais refaites à neuf, précise M. Fortin.

Du côté de la commission scolaire des Premières-Seigneuries, personne n’était disponible mardi pour répondre à nos questions à ce sujet.

À la commission scolaire des Découvreurs, le Collège des Compagnons et le pavillon Félix-Leclerc de l’école secondaire De Rochebelle obtiennent la cote E. Sans commenter ce cas précis, le porte-parole Alain Vézina s’est contenté d’indiquer qu’un montant de plus de 8 millions $ est prévu cet été pour réaliser différents travaux de rénovation dans plusieurs dizaines de bâtiments.

C’est par ailleurs dans cette commission scolaire où le déficit de maintien d’actif a le plus augmenté au cours de la dernière année, à la suite de la bonification du processus d’inspection du ministère de l’Éducation. La facture des travaux à effectuer est passée de 3,6 à 56,5 millions $, en un an seulement. Le ministère exige dorénavant des examens «plus approfondis» des bâtiments, qui avant ne tenaient compte que de l’enveloppe extérieure et de la mécanique, explique M. Vézina. «On fait avec les moyens qu’on a pour effectuer ce travail colossal», indique-t-il.

Bon bilan sur la Rive-Sud

Sur la Rive-Sud de Québec, la commission scolaire des Navigateurs affiche le meilleur bilan de la région. Son déficit de maintien d’actif n’est que de  168 300 $, ce qui en fait même l’un des plus bas de la province.

Aucun de ses bâtiments n’obtient la cote E et seulement deux écoles sont en «mauvais état», récoltant la cote D. Il s’agit de l’école de la Berge à Lotbinière et de l’école Sainte-Thérèse à Saint-Agapit, où des travaux sont prévus au cours des prochaines années.

Sa porte-parole, Louise Boisvert, explique qu’une nouvelle approche a été mise en place il y a six ans, à la suite d’un rapport du Vérificateur général qui a mis en lumière des problèmes de qualité de l’air liés à des lacunes dans l’entretien de certains bâtiments.

Une équipe a été mise sur pied afin d’établir un portrait plus précis de la situation et des travaux à faire. Les mécanismes d’évaluation et de suivi ont aussi été améliorés, précise-t-elle.

Le dernier budget provincial prévoit 575 millions $ additionnels sur cinq ans pour la rénovation d’écoles. Le nouveau processus d’inspection du ministère de l’Éducation, qui est plus détaillé, a fait bondir la facture des travaux à faire pour rénover les écoles québécoises, qui est passée de 1,8 à 3,3 milliards $ en un an seulement.