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Pêche au saumon: les partis d’opposition dénoncent la privatisation du nord

Jean Francois Lisee
Photo Simon Clark, Agence QMI Les partis d’oppositions ont dénoncé la décision du gouvernement Couillard de conférer l’exclusivité de la pêche au saumon au nord du Québec à une poignée de pourvoiries privées qui n’offrent que des forfaits coûtant près de 2000 $ par jour.

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Les partis d’oppositions ont dénoncé la décision du gouvernement Couillard de conférer l’exclusivité de la pêche au saumon au nord du Québec à une poignée de pourvoiries privées qui n’offrent que des forfaits coûtant près de 2000 $ par jour.

«C’est comme si on revenait en arrière de 60 ans. On ne peut pas soustraire aux centaines de milliers de pêcheurs du Québec l’accès au nord ce n’est pas possible», a dénoncé le chef péquiste Jean-François Lisée.

«En 1964-65, Jean Lesage est allé pêcher le saumon sur la rive sud et il s’est fait dire par un garde-chasse d’un club américain qu’il n’avait pas le droit de pêcher le saumon sur son territoire. Et avec Lesage et Lévesque on a déclubé pour démocratiser. Avec cette décision-là, on retourne 60 ans en arrière», a-t-il martelé.

Pour Jean-François Roberge de la CAQ, il s’agit d’une «très mauvaise idée». «De ne permettre qu’aux plus nantis l’accès aux richesses naturelles du Québec, je trouve ça très inéquitable», a-t-il déploré.

Le député de Québec solidaire Gabriel Nadeau-Dubois a déploré que le PLQ soit encore au «service de l’élite, au service de l’establishment».

«On voit ce que ça fait en santé, ils ont traité les médecins spécialistes aux petits oignons. Mais c’est vrai aussi en matière d’accès à la faune où on est en train de privatiser en douce l’accès aux plans d’eau du Québec, c’est typiquement libéral, il n’y a rien de surprenant là-dedans, c’est une mentalité ou on prend quelque chose qui appartient au bien commun pour le donner à l’élite», a-t-il dénoncé.

La veille, le ministère de la Faune avait affirmé au Journal que ce qui «justifiait réellement» la décision du ministère, c’était des considérations de «nature faunique». Le statut du saumon atlantique est jugé «préoccupant» partout au Québec, sauf au Nunavik, car les données sur les captures n’y sont pas suffisantes.

Au matin, le ministre Luc Blanchette affirmait plutôt que le Québec avait pris cette décision à la demande de la communauté inuit, qui demandait une application plus stricte de la Convention de la Baie-James et du Nord québécois. Questionnée par le Journal, l’Administration régionale Kativik a préféré ne pas commenter. La Fédération des chasseurs et pêcheurs du Québec (FédéCP) a dénoncé cette décision.