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Ados arrêtés pour des photos explicites

Les six élèves du Séminaire des Pères Maristes s’exposent à de graves accusations

Ados arrêtés pour des photos explicites
Capture d'écran, Google Maps

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L’arrestation de six élèves qui auraient propagé des photos explicites de mineures secoue le Séminaire des Pères Maristes, à Québec, qui entend agir pour sensibiliser ses jeunes au phénomène des « sextos ».

La police de Québec a procédé à l’arrestation de six garçons âgés de 12 à 14 ans, tous étudiants dans cette école secondaire privée du quartier Sillery, mercredi, deux semaines après avoir été avisée que des photos à caractère pornographique de trois adolescentes circuleraient entre des élèves.

L’établissement explique avoir été informé de la situation par des parents de victimes présumées, elles aussi âgées de 12 et 13 ans. « J’ai tout de suite communiqué avec le Service de police, on a saisi les cellulaires des garçons et on a commencé à poser des actions », a mentionné au Journal son directeur général, François Sylvain.

Les six élèves ont été libérés en attendant leur comparution à la Chambre de la jeunesse, où ils pourraient faire face à des accusations de possession et de distribution de pornographie juvénile. Entre-temps, il leur est interdit d’approcher les jeunes filles concernées.

Une « bombe »

M. Sylvain admet avoir été ébranlé par le témoignage des parents qui lui ont fait part des faits allégués le 18 avril. Une formation sur le phénomène des « sextos » est pourtant offerte chaque année aux classes de 1re secondaire, dit-il.

La police de Québec compte 13 policiers chargés de faire de la prévention dans les écoles de son territoire, comme ici, à Limoilou, pour le lancement de la campagne <i>Ton selfie, ça ne regarde que toi</i>, en juin 2017.
Photo d’archives, Jean-François Desgagnés
La police de Québec compte 13 policiers chargés de faire de la prévention dans les écoles de son territoire, comme ici, à Limoilou, pour le lancement de la campagne Ton selfie, ça ne regarde que toi, en juin 2017.

« À ce moment-là, c’était une bombe dans le milieu. [...] Ils [les élèves] ont tous reçu le message, mais à voir le nombre d’élèves impliqués, je me dis que ça veut dire que le message qui a été livré n’a pas été compris. Avec notre personnel, il va falloir voir comment chaque année on peut, comme on dit, taper sur le clou et faire des rappels importants », a-t-il réagi.

Le Séminaire des Pères Maristes a suspendu pendant six jours les élèves arrêtés, avant de les réintégrer dans un bâtiment séparé. Ils devront aussi faire une croix sur un voyage de fin d’année à Boston et sur une compétition sportive.

« Je pense que les jeunes, au début, ont commis une erreur de jugement, mais après, quand ils ont vu dans quoi ils étaient embarqués, moi je fais personnellement la déduction que ces jeunes-là étaient comme pris au piège et ne savaient pas comment s’en sortir », avance M. Sylvain.

Pas conscients

Son école n’est pas la seule à faire face à des cas de « sextos » qui se terminent mal. Le phénomène prend de l’ampleur à Québec, avec une vingtaine de dossiers ouverts en 2016 au SPVQ, soit deux fois plus qu’en 2013.

Selon Amélie Bleau, sexologue et directrice de l’organisme Sexplique, les adolescents qui s’adonnent à cette pratique ne sont souvent pas conscients des conséquences qui les guettent.

« Les jeunes ont de la misère à se projeter dans le futur et à se projeter dans les conséquences. [...] Un jeune homme qui montre, par exemple, une photo de seins d’une fille à un autre a de la misère à se dire que ça va lui arriver à lui, mettons, une arrestation, ou que son ami va la partager à un autre ami », observe-t-elle.

Les adolescents de plus de 12 ans reconnus coupables de telles infractions s’exposent à des sanctions allant des travaux communautaires au placement en centre jeunesse.

Que faire comme parent ?

  • Engager la discussion avec son enfant, sans porter de jugement
  • Les cas rapportés dans les médias peuvent servir de prétexte pour ouvrir le dialogue, souligne Amélie Bleau, directrice de l’organisme Sexplique
  • Réclamer l’accès au cellulaire de son enfant et trouver un équilibre avec son droit à la vie privée
  • L’informer des conséquences en regard de la loi
  • Le site AidezMoiSVP.ca offre des ressources pour bloquer la propagation des photos à caractère sexuel