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Jacques Chagnon reconnaît qu’il «paie la traite» aux députés

Le président de l'Assemblée nationale dit agir ainsi lors de chaque mission parlementaire aux quatre coins du globe

Periode des questions
Photo Agence QMI, Simon Clark Jacques Chagnon a refusé systématiquement les demandes d’accès à l’information du Journal concernant les dépenses des missions parlementaires. Sur cette photo, on voit le président de l’Assemblée nationale au Salon bleu, lors de la période de questions, le 16 novembre 2017.

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Jacques Chagnon admet qu’il paie la traite aux élus qui participent à ses missions parlementaires à travers le monde dans un esprit de «teambuilding».

Le Journal rapportait la semaine dernière l’absence de transparence de l’Assemblée nationale, qui refuse de dévoiler dans le détail le coût des missions parlementaires. Des députés affirmaient sous le couvert de l’anonymat que le président Jacques Chagnon abusait en dépensant beaucoup en vin et en nourriture.

«En voyage, il paie la traite à tout le monde», apprenait-on dans le reportage.

En entrevue avec notre Bureau parlementaire, M. Chagnon ne nie pas qu’il «paie la traite». «C’est le genre de chose que je fais, effectivement, chaque fois qu’on est en mission. Et c’est ça. Mais on n’est pas dans l’orgie du 12e siècle dans la Toscane avec la famille Médicis», a rétorqué le député libéral de Westmount-Saint-Louis.

Selon nos sources, lors de la mission à Berne en Suisse en 2015, un chalet dans les montagnes a été loué. Il y avait de l’alcool à volonté et un souper traditionnel suisse.

«Chaque fois qu’on fait une mission, j’invite les membres à un dîner pour faire le point et aussi, c’est important, de faire du teambuilding. Je veux que tout le monde se sente membre du groupe, membre du Parlement», dit-il.

«Exagérations»

Il réfute toutefois les accusations d’avoir fait couler le vin à flot lors d’une mission parlementaire l’été dernier au Luxembourg, où il aurait payé «de deux à trois bouteilles» par personne. «Vous essayerez ça vous, de prendre trois bouteilles de vin dans un soir. Si vous n’êtes pas ben ben malade, si vous n’êtes pas tombé dans un coma éthylique... ce sont des exagérations», a-t-il déploré.

Jacques Chagnon affirme n’avoir jamais vu d’abus durant la centaine de missions auxquelles il a participé au cours des 10 dernières années. «Moi, les gens qui boivent trois bouteilles de vin par soir, je ne les invite pas. Je serais plutôt porté à leur suggérer un programme pour soigner ça», a-t-il lancé.

Il doit s’expliquer

Lors de l’étude des crédits de l’Assemblée nationale jeudi, les partis politiques ont tous insisté sur la nécessité pour les élus d’être plus transparents. Jacques Chagnon a dû s’expliquer. «Ce qu'on a fait actuellement n'est pas pire, puis n'est pas mieux que ce qui a été fait dans les dernières années», a-t-il lancé.

Il s’est toutefois dit d’accord pour rendre public le détail des dépenses de voyage des élus conformément à une motion adoptée par l’Assemblée nationale.