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La survie de PME manufacturières menacée sans un virage techno

Près de 40 % des entreprises sont encore gérées avec des « processus manuels »

Le Baromètre industriel québécois, de Sous-traitance industrielle Québec, publié hier démontre que les entreprises manufacturières qui ont innové l’an dernier ont vu leur chiffre d’affaires augmenter.
Photo d'archives Le Baromètre industriel québécois, de Sous-traitance industrielle Québec, publié hier démontre que les entreprises manufacturières qui ont innové l’an dernier ont vu leur chiffre d’affaires augmenter.

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Beaucoup de PME manufacturières du Québec « disparaîtront d’ici quelques années » si elles ne prennent pas le virage techno, souligne le Baromètre industriel québécois, de Sous-traitance industrielle Québec (STIQ), publié hier.

« Que ce soit dans l’aéronautique, le transport, le pharmaceutique, s’il n’y a pas un éveil, une conscience, de ce qui est en train de se produire, malheureusement, ces PME vont passer dans le tordeur », est allé jusqu’à dire Réal Julien, président de la firme-conseil J2 inc., après le lancement du document dans un hôtel du centre-ville de Montréal, hier.

M. Julien n’est pas le seul à insister sur l’innovation et l’industrie 4.0. Les patrons consultés dans le Baromètre ne se gênent pas dans le document pour dire que « les entreprises qui ne vont pas dans cette direction disparaîtront d’ici quelques années ».

Pour arriver à ce constat, STIQ cite une étude du MÉSI et du CEFRIO effectuée l’an dernier démontrant que 38 % des entreprises manufacturières sont encore exploitées à la main, c’est-à-dire à un niveau de maturité « artisanal ».

Le président-directeur général de STIQ Richard Blanchet refuse cependant d’être alarmiste. « On n’a pas de notion de “péril en la demeure”. C’est plutôt que les gens en sont conscients. Ils ont commencé. Il va falloir continuer, et aller plus vite », nuance-t-il.

En retard

De fait, le Baromètre indique que 61 % des compagnies ont déjà intégré des technologies dans les processus opérationnels et de gestion. Plus de 15 % d’entre elles prévoient le faire.

Pour rendre leur usine intelligente, 52 % des PME veulent contrôler leur production en temps réel. Plus de 40 % espèrent relier leurs équipements et 34 % souhaitent se lancer dans la robotique.

Mais pour l’instant, nos compagnies traînent de la patte, même si elles promettent de passer bientôt à l’action. « Trop de PME manufacturières – le quart – n’ont pas encore commencé à intégrer les technologies numériques dans leurs processus opérationnels et de gestion », souligne Richard Blanchet.

Une réalité que connaît bien Catherine Bouchard, présidente de Centris Technologies, une entreprise de Varennes qui aide nos PME à faire leur virage techno. « On est vraiment en retard. Si on se compare à l’Allemagne, qui est le précurseur, c’est 17 ans de retard. C’est vraiment problématique », observe-t-elle.

La patronne de l’entreprise de 18 employés révèle que les trois quarts de son chiffre d’affaires de 2 millions $ viennent de clients hors Québec, une situation qu’elle aimerait bien changer pour donner un coup de pouce à des PME de chez nous qui en ont bien besoin.

« On vient du Québec. C’est sûr qu’on veut aider notre propre province à aller mieux et à développer des marchés », conclut-elle.

 

Manufacturiers au Québec

  1. Valeurs des biens fabriqués : 156 G$
  2. PIB : 46 G$
  3. Travailleurs : 419 000
  4. Établissements : 13 180

Entreprises

  • Chiffre d’affaires à la hausse : 67 %
  • Embauches en augmentation : 40 %
  • Manque de main-d’œuvre : 82 %
  • Enjeu de relève : 73 %

(Source : Baromètre industriel québécois de Sous-Traitance industrielle Québec, mai 2018)

 

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