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Le Québec : le cancre de la classe

Lab Ecole
Photo Simon Clark

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Les Québécois décrochent plus qu’ailleurs au Canada, nous apprend une étude de l’Institut du Québec. En fait, il n’y a pas là de véritable surprise puisque la réussite scolaire demeure l’un des enjeux principaux de tous les gouvernements depuis le Rapport Parent.
 
Non seulement les Québécois obtiennent moins de diplômes d’études secondaires, mais les garçons québécois se retrouvent dans une posture particulièrement difficile en cette matière. Faut-il y voir un système qui abandonne ses garçons, ou doit-on plutôt chercher à recoller les morceaux d’un réseau d’éducation qui tombe en ruines ? On se rapproche de l’éternel questionnement : l’œuf ou la poule ?
 
Décrochage parental
 
Le ministre Sébastien Proulx a voulu remettre les données du sondage en perspective cette semaine en expliquant que la façon de calculer la réussite scolaire ne se fait pas de la même manière au Québec qu’en Ontario. 
 
Par ailleurs, il lance un pavé dans la mare en pointant du doigt les parents québécois, plus spécifiquement les francophones, comme l’une des causes du faible taux de diplomation au Québec. 
 
Selon lui, l’éducation n’est pas autant valorisée chez les familles francophones que chez les anglophones, au Québec ou ailleurs. Et il n’a pas tort. Dire le contraire serait nier l’écart évident entre les niveaux de réussite scolaire chez les deux groupes.
 
Est-ce donc à dire que « c’est la faute des parents » si l’école ne réussit pas sa mission fondamentale d’offrir une égalité des chances et une éducation de qualité à tous les enfants québécois ? Pas si simple.
 
Repenser plus que le milieu de vie
 
Le projet de LAB-école confié à Ricardo Larivée, Pierre Thibault et Pierre Lavoie a pour objectif de développer une école où il fait bon vivre, où l’élève est au cœur des priorités et où l’apprentissage va au-delà des matières enseignées. Malgré certaines critiques sur le choix des porteurs du projet, on se doit de saluer la volonté du gouvernement d’enfin améliorer les boîtes de briques brunes déprimantes (et souvent pourries) dans lesquelles on enferme nos enfants jour après jour. 
 
Mais c’est aussi les manières d’enseigner qu’il faut repenser. En entrevue à 24/60, Égide Royer, professeur associé à la Faculté des sciences de l’éducation à l’Université Laval, réclamait des réformes basées sur plus que des modes. 
 
Selon lui, il faudrait privilégier la maternelle 4 ans et l’école obligatoire jusqu’à 18 ans. Par-dessus tout, il rappelle que chez nos voisins, on se réfère systématiquement aux pratiques probantes et aux données scientifiques qui démontrent l’efficacité des mesures avant de les implanter. Malheureusement, le Québec a trop souvent lancé des réformes pour répondre à des modes ou pour régler des négociations syndicales. 
 
Avant de baisser les bras, réfléchissons donc sérieusement à la mise en place d’un véritable institut national d’excellence en éducation, tel qu’il le réclame. 
 
Au minimum, on doit cet effort à nos enfants.