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Hausse des décès des jeunes sur les routes: une mère appelle à une prise de conscience

« C’était ma plus grande peur, je n’en dormais plus la nuit », raconte Mélanie Yelle à propos des sorties en voiture de sa fille. « Il faut sensibiliser les jeunes pour éviter d’autres Jolianne », lance la mère en deuil en réaction à la hausse des décès de jeunes sur les routes québécoises.
Photo d’archives, Sylvain Denis « C’était ma plus grande peur, je n’en dormais plus la nuit », raconte Mélanie Yelle à propos des sorties en voiture de sa fille. « Il faut sensibiliser les jeunes pour éviter d’autres Jolianne », lance la mère en deuil en réaction à la hausse des décès de jeunes sur les routes québécoises.

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La SAAQ a annoncé mardi une hausse de 63 % des décès chez les jeunes sur les routes du Québec en 2017. Pour la mère d’une jeune fille qui fait partie de cette terrible statistique, il est temps d’agir pour faire comprendre aux jeunes les contrecoups de ces drames.

Mélanie Yelle a perdu sa fille de 17 ans dans une violente embardée survenue en octobre 2017 sur la route 117 à La Conception, dans les Laurentides. Jolianne Larivière, tout comme le conducteur de 27 ans et un autre passager de 17 ans, est décédée après l’impact à haute vitesse. Sa mère ne s’en est toujours pas remise. « Il faut sensibiliser les jeunes pour éviter d’autres Jolianne. »

Vaincre l’effet d’entraînement

La mère en deuil raconte que l’effet d’entraînement est fort chez les jeunes et que c’est probablement ce qui a tué sa fille. « Plaire, pour eux, c’est la chose la plus importante au monde. Mais ça les incite aussi à prendre des risques. Ils ne sont pas conscients du danger », estime Mme Yelle, qui déplore que la vitesse soit encore aussi meurtrière chez les jeunes adultes. « Ça va prendre quoi pour les réveiller ? »

Pour le ministre des Transports, André Fortin, des histoires comme celle-là justifient encore plus la décision de revoir le Code de la sécurité routière. Des mesures pour les jeunes conducteurs entreront en vigueur le 18 mai prochain.

« Des mesures comme l’implantation d’un couvre-feu et la limitation du nombre de passagers amélioreront le bilan routier. Nous protégeons de cette façon nos jeunes qui sont, année après année, trop représentés dans ce bilan », a confié le ministre en marge de la présentation du bilan routier 2017.

Jolianne
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Bon début

Concrètement, ces mesures visent les jeunes apprentis conducteurs et ceux qui ont leur permis de conduire probatoire. Pour le premier groupe, la conduite automobile sera complètement interdite entre minuit et 5 h, tandis qu’une limitation du nombre de passagers s’appliquera pour les détenteurs de permis temporaires.

Pour la mère de Jolianne Larivière, ces nouvelles dispositions constituent un bon début. « C’est une bonne décision, au moins on agit », soupire Mélanie Yelle, qui ajoute toutefois qu’une réelle prise de conscience serait la meilleure des armes. « Ils ne sont juste pas conscients du mal qu’un accident comme celui-là fait autour d’eux. Ils se croient souvent invincibles, mais quand ça arrive, tout s’arrête d’un coup », rappelle-t-elle.

Autre élément inquiétant de ce bilan 2017 de la SAAQ, le ministre a pointé la hausse des accidents causés par des distractions ainsi que les inquiétudes liées à la légalisation prochaine du cannabis.

 

Les accidents impliquant des 15-24 ans au Québec

Nombre de décès

  • 2016 : 46
  • 2017 : 75
  • Un décès sur quatre survient entre minuit et 4 h
  • La vitesse et la conduite imprudente causent 32,8 % des accidents mortels chez les jeunes