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Marguerite Blais n’était pas en phase avec la position libérale

Elle se dit contre les signes religieux chez les personnes en position de coercition

L’ex-ministre libérale, Marguerite Blais, à l’Assemblée nationale le 3 décembre 2013.
Photo d'archives L’ex-ministre libérale, Marguerite Blais, à l’Assemblée nationale le 3 décembre 2013.

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Désormais libérée de la solidarité libérale, la nouvelle vedette caquiste Marguerite Blais défendra l’interdiction des signes religieux chez les employés de l’État en position d’autorité.

L’ancienne ministre libérale portera les couleurs de la CAQ dans la circonscription de Prévost aux prochaines élections.

Elle a choisi le parti de François Legault pour un retour dans l’arène politique, même si Philippe Couillard et, dans une moindre mesure, le Parti québécois l’ont également sollicitée dans les derniers jours.

C’est l’engagement de François Legault pour une véritable politique des proches aidants et l’amélioration des conditions de vie des aînés qui l’ont convaincue ; une cause qui «l’habite».

Bouchard-Taylor

Dans une entrevue accordée à notre Bureau parlementaire, Mme Blais se dit à l’aise avec le programme caquiste, notamment la position identitaire, que son ancienne formation politique a pourtant toujours démonisée.

L’ex-animatrice de télévision admet même qu’elle a toujours été pour la neutralité vestimentaire chez les policiers, juges et gardiens de prison, même quand elle était dans les banquettes libérales.

«Moi, j’aimais bien la position Bouchard-Taylor, je vous le dis bien franchement, et je n’étais pas la seule à aimer la position Bouchard-Taylor, a-t-elle confié mardi. Je pense que ça faisait un consensus dans la population, on aurait dû régler ça il y a longtemps.»

Marguerite Blais précise que la solidarité d’un caucus est importante en politique. «Parfois, les décisions ne font pas ton affaire, mais tu ne peux pas toujours aller à l’encontre des décisions d’une majorité dans un groupe», insiste-t-elle.

Elle refuse de critiquer le controversé test des valeurs préconisé par François Legault pour les nouveaux arrivants.

La CAQ suggère qu’après trois ans, les immigrants soient évalués sur leur connaissance du français, un passage obligé pour obtenir un certificat de sélection du Québec.

«Quand on accepte de venir vivre au Québec, il faut savoir que la langue parlée est la langue française, affirme-t-elle. Plus on parle de langues, plus ça peut nous servir dans la vie, mais ici, pour vivre, le vivre-ensemble, c’est en français que ça se passe.»

Immigration et extrême droite

Les caquistes souhaitent réduire le nombre de nouveaux arrivants à 40 000 par année, une position qui ne choque pas du tout l’ex-élue libérale, au contraire.

«Quand tu en accueilles trop, il y en a 26 % qui quittent parce qu’ils n’arrivent pas à se trouver une job», déplore-t-elle. Selon elle, le Québec doit avoir les moyens de bien intégrer les nouveaux arrivants avant de vouloir en accueillir plus.

Marguerite Blais réfute d’ailleurs l’étiquette «d’extrême droite» accolée à sa nouvelle formation politique par le premier ministre Couillard.

«Peut-être que c’est un parti qui est à droite du centre, mais ça prend des personnes qui sont capables de réguler davantage les finances pour être en mesure par la suite de vraiment financer les mesures sociales», plaide-t-elle.

Ce qu'ils ont dit

«Ça n’enlève rien à l’estime qu’on a pour Marguerite Blais et ce qu’elle a accompli pour les aînés.»

– Le premier ministre Philippe Couillard


«C’est assez incroyable de voir que Marguerite Blais, qui était réputée comme la plus progressiste des libéraux, s’en va à la CAQ, qui est encore plus à droite. On a hâte de voir cohabiter Marguerite Blais avec Youri Chassin dans le même parti.»

– La vice-chef péquiste Véronique Hivon


«Il semblerait que dans les cartes de membre du PLQ, au verso c’est une carte de membre de la CAQ!»

– Le porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois