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Le PQ et l’intimidation

Le député péquiste Guy Leclair
Photo d'archives, Simon Clark Le député péquiste Guy Leclair

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On débat actuellement à l’Assemblée nationale du projet de loi 152.  Ce projet de loi, qui ne devrait pas être controversé, vise à mettre en application certaines recommandations de la Commission Charbonneau et qui touche le ministère du Travail, dirigé par Dominique Vien.

La recommandation numéro 18 (voir le rapport ici, page 124 à 127) propose de rendre inhabile à représenter ou à diriger un syndicat, si ce dernier s’est rendu coupable d’intimidation, notamment sur un chantier de construction.

Coup de théâtre, le député Guy Leclair, porte-parole de son parti en matière de Travail est contre, parce qu’il a peur que quelqu’un perde sa job (lire l’article de ma collègue Geneviève Lajoie). Il a fallu que je relise l’article 3 fois pour être certain que j’avais bien compris et malheureusement oui.

Quel mauvais timing

Ne sommes-nous pas à l’ère de la dénonciation avec mouvement #moiaussi et #metoo ? N’entendons-nous pas chaque mois des cas d’intimidations et de cyberintimidations à l’école qui poussent même certains de nos jeunes à se suicider ?

Dans le milieu culturel, le professeur de théâtre Gilbert Sicotte a perdu son emploi au conservatoire d’art dramatique de Montréal, suite aux dénonciations d’actuels et anciens élèves. Au plan politique, deux candidats aux élections partielles dans la circonscription de Louis-Hébert (Éric Tétrault et Normand Sauvageau) ont été retirés par leur parti politique pour des allégations de comportements inadéquats envers des employés qui étaient sous leurs responsabilités.

Les exemples ne manquent pas, mais visiblement le député péquiste n’est pas tout à fait à jour avec l’actualité des dernières années pour déclarer : «Cet article-là va faire perdre des maisons, des vies. Là, il y a quelqu’un qui va perdre sa job! » On parle bien de personnes qui auraient été reconnues coupables d’intimidation. On parle de cas comme «Rambo» Gauthier qui a été reconnu coupable par un tribunal, on ne parle pas d’allégation.

PQ et syndicat

Encore une fois, le jupon dépasse quand il s’agit des relations entre le Parti québécois et les syndicats. Il est évident que Guy Leclair ne peut pas être aussi con. Il y a donc anguille sous roche et je pense que c'est une commande de leurs amis de la FTQ. Néanmoins il y a des limites à défendre l'indéfendable, j'veux bien que «un chum s'tun chum» mais quand ton chum agit mal, tu n'es pas obligé d'être d'accord avec lui et de l'appuyer.

Oui, monsieur Leclair, il y aura des gens qui perdront leurs emplois ou qui se verront interdire certaines promotions. C’est comme ça dans notre société. Quotidiennement, des individus ayant posé des gestes illégaux et répréhensibles perdent leur job. Ça arrive aussi aux petites gens. Pourquoi est-ce que ça devrait être différent pour les syndicats ? On a tous compris que le numéros 2 de la FTQ-Construction, Éric Boisjoli, ne pourra pas devenir le grand patron car il a été reconnu coupable d'intimidation. Et puis ?

Lutte à l’intimidation sans compromis

Que ce soit à l’école, au théâtre, dans les PME ou dans les grandes entreprises, la lutte contre l’intimidation doit être une lutte de chaque instant. La recommandation faite par la commission Charbonneau n’est pas antisyndicale, elle vise à changer une culture de violence qui est connue, documentée et qui fut même valorisée jusqu’à un certain point.  Le PQ a perdu beaucoup de crédibilité dans cette intervention d’hier et ça nous démontre qu’il y aura encore beaucoup de travail dans les prochaines années pour Jasmin Roy.