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Muguette, l'étoile filante!

Muguette Paillé
Photo Facebook Muguette Paillé, « la voix de la sagesse populaire » selon Jean-François Lisée.

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Le Parti québécois vient de donner une belle leçon de politique à ses adversaires. C’était d’ailleurs la deuxième leçon en ce genre depuis quelques semaines.
 
Quand on dit qu’en politique, une journée c’est une éternité, ce mardi on en a eu la preuve encore une fois. Dans la série des excellents coups qui en cachent des moins bons, on pensera désormais à la carrière politique d’étoile filante de Muguette Paillé.
 
Oppo research
 
En relations publiques et dans le domaine de la politique américaine, on parle régulièrement du concept d’ opposition research. La recherche de l’opposition. Le concept réfère aux recherches que tout opposant va effectuer sur vous afin de tenter de vous discréditer. Pour vous en prévenir, vous n’avez pas d’autre choix que de faire cette recherche vous-même, comme si vous étiez votre pire ennemi, pour essayer de voir venir les coups.
 
À l’ère du numérique, faire l’ oppo reserach commence nécessairement avec Google. C’est fou comme tout ce qu’on écrit sur le web finit par ressortir un jour ou l’autre ! Malheureusement, le Parti québécois n’a pas pensé à scruter Facebook à la recherche de perles semées par sa candidate. Mais pourquoi ? Parce que Muguette Paillé c’était « la voix de la sagesse populaire » selon Jean-François Lisée ?
 
Pourtant. L’histoire de madame Paillé n’est pas une première dans le genre. La CAQ a vécu la même situation il n’y a que quelques semaines alors que François Legault a présenté puis renié la candidate Karen Cliffe quand des propos tenus sur Twitter sont revenus la hanter. 
 
Plus encore, la CAQ avait vécu une situation tout aussi désagréable en 2014 avec son candidat nu-fesses, Steven Fleurent.
 
Une fois c’est une erreur, deux fois c’est une habitude
 
Aucun parti n’est à l’abri d’une pomme pourrie. On l’a vu lors de l’élection partielle dans le comté de Louis-Hébert l’automne dernier. Dans un scénario rocambolesque digne des meilleurs vaudevilles, ce n’est pas un seul des candidats qui a été forcé de se retirer, mais bien deux ! Le Parti libéral du Québec et la CAQ n’avaient pas réalisé que le passé de leurs candidats pouvait ressurgir. Tous deux avaient été visés par des allégations de harcèlement au travail, rien de moins.
 
Ce qui rend le cas de Muguette Paillé si déprimant, c’est que le Parti québécois aurait dû faire mieux. Il avait de l’expérience en la matière. Il a vécu EXACTEMENT la même situation en 2014 avec le candidat Jean Carrière dans la circonscription de LaFontaine. 
 
Décidément, on dirait que les partis n’apprennent pas. 
 
Finalement, qu’est-ce qui explique ces erreurs pourtant évitables ? 
 
Est-ce parce qu’on fait confiance aux individus et qu’on se fie à leur parole après une entrevue de sélection et une enquête de crédit ? Si c’est le cas, c’est inquiétant. On fait plus de vérifications avant d’embaucher un travailleur d’usine. Il faut certainement en faire davantage quand vient le temps de choisir un futur député.
 
Est-ce que c’est par manque de ressources que les partis ne fouillent pas plus à fond le passé de leurs candidats ? On pourrait toujours justifier un tel laxisme ainsi. Après tout si un parti présente un candidat dans chacune des 125 circonscriptions, ça fait pas mal de niaiseries Facebook à lire au bout du compte.
 
Au risque de répéter une évidence, à l’ère des médias sociaux, il faut faire plus et il faut faire mieux. Ce sont des situations comme celle de Muguette Paillé qui nourrissent le cynisme et le désenchantement de la population envers la politique et les politiciens.