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Boulevard Saint-Laurent: une grande corvée qui contribue à la réinsertion sociale

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MONTRÉAL - La grande corvée annuelle du boulevard Saint-Laurent, à laquelle des dizaines de bénévoles ont pris part dimanche, permet d’embellir cette artère commerciale majeure du centre-ville de Montréal tout en contribuant à la réinsertion sociale d’une dizaine de jeunes en situation de précarité.

Près de 50 personnes ont nettoyé dimanche les trottoirs, les vitres et les murs du boulevard Saint-Laurent, entre la rue Sherbrooke et l’avenue Laurier, à l’aide entre autres de gants, de sacs à poubelle et de produits chimiques.

ZACHARIE GOUDREAULT/24 HEURES/AGENCE QMI

Cette opération de nettoyage, la quatrième depuis son lancement en 2015, vise avant tout à embellir la  Main  pour la saison estivale en effaçant les graffitis et en retirant les déchets débordant des poubelles sur un tronçon de 2,5 kilomètres, qui correspond au territoire desservi par la Société de développement du boulevard Saint-Laurent.

« Le plus grand défi, c’est l’enlèvement des graffitis sur le mobilier urbain, car il y en a vraiment beaucoup. Imagine le nombre de poteaux de stationnement qu’il faut nettoyer sur le boulevard! » a lancé au 24 Heures la directrice générale de l’association de commerçants, Tasha Morizio, ajoutant que les vitrines des commerces vides ont été recouvertes d’affiches colorées afin de contrer le vandalisme.

Afin d’embellir le boulevard, une soixantaine de bacs à fleurs, des bancs et un placottoir seront installés dans les prochains jours sur les trottoirs et y demeureront jusqu’en octobre. Ces aménagements coûteront jusqu’à 100 000 $ à l’association et à l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal.

Réinsertion sociale

Parmi les citoyens présents dimanche pour nettoyer le boulevard Saint-Laurent, une dizaine étaient des jeunes de 16 à 30 ans en situation de grande précarité prenant part au programme de réinsertion sociale TAPAJ, de l’organisme Spectre de rue.

ZACHARIE GOUDREAULT/24 HEURES/AGENCE QMI

Quelques jours par semaine, pendant toute l’année, ils gardent cette artère routière propre en échange d’une rémunération remise par la SDC.

« Ça ouvre beaucoup de portes à nos jeunes. Ça leur donne une bonne aide, une bonne poussée. Et c’est beau de voir où ça peut les mener », a souligné Audrey Archambault, une intervenante de l’organisme Spectre de rue rencontrée alors qu’elle prenait part à cette corvée, dimanche après-midi.

C’est d’ailleurs le cas de Kenny Vallières. Alors qu’il était en situation d'itinérance, le Montréalais a pris part à ce programme de réinsertion sociale pendant deux ans avant d’être embauché il y a quatre ans par la SDC du boulevard Saint-Laurent à titre de chef d’équipe à la maintenance.

« Je suis vraiment dans l’optique où je n’ai pas besoin de grand-chose dans la vie. Je suis content de redonner. On m’a donné ce qu’il me fallait et maintenant j’ai un appartement et ça va bien », s’est-il réjoui.

Vandalisme

Cette initiative permet par ailleurs de faciliter le quotidien de nombreux commerçants étant la proie de vandalisme au quotidien.

ZACHARIE GOUDREAULT/24 HEURES/AGENCE QMI

« La plupart des commerçants sont contents qu’on nettoie leurs vitres. Ça leur évite de le faire eux-mêmes », a remarqué Bob Rioux tout en nettoyant un graffiti particulièrement tenace sur la vitre d’un dépanneur.

Le constat est partagé par Mme Archambault, qui a noté que cette tâche est souvent à refaire.

« Dès que c’est propre, ça attire le vandalisme. C’est toujours un travail à refaire à tous les jours », a-t-elle dit.