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Un pays «super âgé» d’ici environ 12 ans

La qualité de vie des aînés au Canada sera un enjeu majeur

D’ici 2030, les personnes au-dessus de 60 ans représenteront plus du quart de la population.
Photo d’archives D’ici 2030, les personnes au-dessus de 60 ans représenteront plus du quart de la population.

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OTTAWA | La population âgée canadienne est en pleine « explosion démographique », à tel point que le Canada deviendra un pays « super âgé » d’ici 2030, tout comme le Japon.

On peut donc s’attendre à ce que, d’ici 12 ans, les personnes de plus de 60 ans représenteront au moins le quart de la population, révèle le premier rapport de l’Étude longitudinale canadienne sur le vieillissement (ÉLCV).

C’est un changement démographique important qui créera des enjeux majeurs pour la société canadienne auxquels il faut s’attaquer dès maintenant, s’entendent les experts.

« Il faudra s’assurer que notre société de demain sera inclusive pour les personnes âgées. L’isolement social est un aspect important, donc cette inclusion devra faire l’objet d’une réflexion [...] L’un des défis reste l’âgisme », a analysé le Dr Yves Joanette, directeur scientifique à l’Institut du vieillissement.

Problèmes de transport

Selon le rapport, la voiture est le moyen de transport principal privilégié par la majorité des personnes aînées, tandis que le transport collectif demeure peu populaire. Les experts voient là un problème majeur à venir.

« Les gens vivent plus longtemps et, éventuellement, plusieurs vont perdre leur permis de conduire [...] Donc le transport va devenir un enjeu majeur pour les personnes âgées qui habitent surtout en banlieue. Il faudra recruter une armée de personnes pour les déplacer et s’assurer qu’ils puissent voyager », dit le Dr Parminder Raina, chercheur principal de l’ÉLCV.

Les retraités retournent au travail

Pas moins d’une femme sur cinq et un homme sur trois décident de retourner au travail (généralement à temps partiel), apprend-on dans l’ÉLCV.

Or, pour 37 % des femmes et 41 % des hommes qui retournent au travail, la raison est financière.

« Toutefois, si l’on tient compte de leurs revenus, seulement 5 % des personnes qui ont interrompu leur retraite ont déclaré avoir un niveau de vie inadéquat », nuance tout de même le rapport.

Ils veulent donc plus d’argent sans être en détresse financière.

Les femmes défavorisées

Même si elles vivent plus longtemps que les hommes, les femmes ont tendance à se porter beaucoup moins bien lorsqu’elles vieillissent, constate l’ÉLCV.

« Les femmes ont généralement une moins bonne santé, vivent plus d’isolation sociale, font moins d’activité physique, et doivent plus souvent retourner au travail pour des raisons sociales. Au Canada, il faut se pencher sur ces enjeux et essayer de comprendre pourquoi les femmes vont moins bien que les hommes avec l’âge », analyse Parminder Raina.