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[Chronologie] 100 ans de lutte pour le droit de vote des femmes

[Chronologie] 100 ans de lutte pour le droit de vote des femmes
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Il y a 100 ans, le Canada se dotait d’une loi permettant aux femmes de voter dans une élection fédérale. Toutefois, le chemin vers l’équité a été long. Retour sur les dates importantes.

Un mouvement mondial

Le mouvement des suffragettes atteint le Canada au début des années 1900. Ces militantes pour le droit de vote des femmes font déjà beaucoup de bruit ailleurs dans le monde, notamment aux États-Unis et au Royaume-Uni.

Dès le début des manifestations, quelques municipalités canadiennes permettent aux femmes de s’inscrire sur la liste électorale, mais ces femmes doivent être propriétaires.

Les premières provinces canadiennes à le permettre

Le Manitoba, l’Alberta et la Saskatchewan deviennent en 1916 les premières provinces à autoriser les femmes à participer à la vie démocratique.

L’année suivante, la Colombie-Britannique et l’Ontario leur emboîtent le pas.

Dans les années suivantes, la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick, le Yukon, l’Île-du-Prince-Édouard et Terre-Neuve-et-Labrador plient devant la pression sociale.

Le Québec restera pendant 15 ans la seule province au pays à interdire à sa population féminine de voter.

Seulement quelques femmes obtiennent le droit de voter en 1917

Alors que la Première Guerre mondiale fait rage, le gouvernement fédéral permet à un groupe restreint de femmes de voter.

Les conjointes de militaires déployés en Europe auront le droit de voter à la place de leur mari à l’élection de décembre 1917.
Selon plusieurs journalistes de l’époque, cette décision découle plutôt d’une stratégie du premier ministre Robert Borden, qui cherche indirectement à gagner des appuis pour la conscription. 

La loi fédérale de 1918

Les députés, exclusivement des hommes, votent en 1918 une loi qui accorde le droit de vote «aux femmes de plus de 21 ans de race blanche».

[Chronologie] 100 ans de lutte pour le droit de vote des femmes
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Ceci étant dit, les Autochtones et les Canadiennes d’origine asiatique demeuraient exclues de la vie démocratique et le resteraient encore pour plusieurs années.

Mais c’est réellement à l’élection générale suivante, le 6 décembre 1921, que les femmes peuvent voter pour la première fois en masse.

Quatre-vingt-dix pour cent des Québécoises inscrites sur la liste électorale se seraient prévalues de leur nouveau droit, selon les travaux de Chantal Maillé, du Département de science politique de l’Université Concordia.

Première femme élue

Lors de ces mêmes élections, en 1921, une première femme est élue à la Chambre des communes. Au total, il y avait trois candidates au pays pour l’ensemble des 235 sièges vacants.

Agnes Macphail, alors enseignante, remporte le suffrage dans la circonscription de Grey Sud-Est, près de Toronto.

Agnes Macphail, première députée du Canada
Archives QMI
Agnes Macphail, première députée du Canada

Il aura fallu attendre 14 ans avant qu’une deuxième élue fasse son entrée au Parlement. Martha Black devient en 1935 la députée fédérale du Yukon.

Toujours des Canadiennes exclues

En 1948, le gouvernement abolit une loi qui excluait depuis le début de la Confédération canadienne que les résidents asiatiques, hommes ou femmes, votent aux élections provinciales ou fédérales.

Ce n’est qu’en 1960 que l'on confère à tous les peuples autochtones le droit de choisir leur représentant politique à Ottawa.

Première ministre nommée

En 1958, Ellen Fairclough devient la première femme élue ministre au Canada. 

Le premier ministre conservateur John Diefenbaker la nomme à la tête du ministère de la Citoyenneté et de l'Immigration.

Première première ministre

Jamais encore une femme n’a été élue au suffrage universel comme première ministre du Canada. Cependant les membres du Parti conservateur, en 1993, ont fait de Kim Campbell la première première ministre. Elle a été élue chef du parti en juin, après la démission de Brian Mulroney. Elle sera défaite quatre mois plus tard aux élections générales.

Le portrait officiel de la première ministre Kim Campbell
Agence QMI
Le portrait officiel de la première ministre Kim Campbell

Le Parti conservateur est encore, à ce jour, le seul parti politique fédéral à avoir été dirigé par des femmes. En plus de Mme Campbell, Rona Ambrose a assuré l’intérim pendant plusieurs mois après le départ de Stephen Harper, en 2015.

Les femmes sont plus présentes que jamais

Aux dernières élections, en 2015, le taux de participation chez les femmes était de 68 %, supérieur à celui des hommes. Il avait augmenté de 8,4 % par rapport au scrutin de 2011.

Toujours lors de ces élections, 88 femmes ont été élues, établissant un nouveau record.

Nouvellement élu premier ministre, Justin Trudeau a nommé autant de femmes que d’hommes au Conseil des ministres.

Le premier ministre Justin Trudeau, accompagné par ses ministres et sa femme, au premier jour de son mandat le 5 novembre 2015
AFP
Le premier ministre Justin Trudeau, accompagné par ses ministres et sa femme, au premier jour de son mandat le 5 novembre 2015

Mais en 2018, 100 ans après qu’une loi eut accordé aux femmes le droit de se présenter et de voter, elles sont toujours minoritaires sur les banquettes des Communes. Elles n'occupent que 27 % des sièges.