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« Cafouillage informatique en éducation » redouté

Les écoles pressées de choisir du matériel informatique d’ici le 1er juin pourraient faire de mauvais choix

Bloc école
Photos d'archives, Daphnée Dion-Viens

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Les écoles pressées de choisir du matériel informatique comme des robots ou des imprimantes 3D pourraient faire de mauvais choix par manque de temps et d’encadrement, ce qui pourrait mener à un nouveau «cafouillage informatique en éducation».

C’est du moins ce que craint la Fédération des professionnels de l’éducation du Québec (FPPE-CSQ), qui représente des conseillers pédagogiques du réseau scolaire, mais aussi la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement (FQDE).

«C’est un peu la cacophonie présentement, il y a beaucoup de confusion qui règne dans les écoles à ce sujet, affirme sa présidente, Lorraine Normand-Charbonneau. Ça part d’une bonne intention, mais il ne faut pas que ça soit fait tout croche.»

Trois semaines pour choisir

Le ministère de l’Éducation demande à chaque école de faire connaître d’ici au 1er juin ses «intentions d’achats» en matière de matériel informatique pour la rentrée, rapportait Le Journal à la mi-mai. Les écoles ont trois semaines pour choisir parmi une liste prédéfinie, qui comprend notamment plusieurs modèles de robots, mais aussi des imprimantes 3D et des traceurs de découpes au laser, de même que des tablettes, ordinateurs portables ou Chromebook.

Cette « collecte d’informations », qui vise à évaluer les « besoins d’acquisition » des écoles, s’inscrit dans le cadre des travaux qui mèneront au lancement du Plan d’action numérique en éducation d’ici la fin de l’année scolaire, explique-t-on.

Or les consignes du ministère de l’Éducation ne sont pas interprétées de la même façon d’une commission scolaire à l’autre, affirme Mme Normand-Charbonneau. Dans certaines écoles, les directions se font dire qu’elles doivent faire des choix définitifs d’ici au 1er juin, sinon leur école sera privée de financement.

«Ça prend du temps pour faire des choix éclairés et il y a beaucoup d’argent en jeu», souligne la présidente de la FQDE, qui se réjouit toutefois que chaque école puisse faire ses propres choix.

La Fédération des professionnels de l’éducation déplore aussi la «précipitation» entourant cette opération. Sa présidente, Johanne Pomerleau, s’inquiète aussi du manque de soutien dans les écoles, rappelant que les règles budgétaires pour la prochaine année scolaire ne prévoient aucune somme additionnelle pour l’embauche de conseillers techniques afin de soutenir les écoles à ce chapitre. Les conseillers pédagogiques ne sont déjà pas assez nombreux pour répondre aux besoins de formation du personnel, affirme-t-elle.

Au cabinet du ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, on souligne que cette «collecte d’informations» ne constitue pas une «commande d’achat formelle». De la formation et de l’accompagnement seront aussi disponibles dès la rentrée, assure-t-on.

Le dernier budget provincial prévoit que 69 millions $ seront consacrés à des investissements dans les infrastructures numériques en éducation en 2018-2019. Les détails seront connus lors du dévoilement du plan d’action numérique en éducation.