/entertainment/stage
Navigation

Une murale à préserver

L’œuvre de Jordi Bonet a dicté la solution retenue pour rénover le Grand Théâtre de Québec

Les mots du poète Claude Péloquin, toujours bien visibles sur l’une des faces de la murale, avaient fait scandale en 1971.
Photo Stevens LeBlanc Les mots du poète Claude Péloquin, toujours bien visibles sur l’une des faces de la murale, avaient fait scandale en 1971.

Coup d'oeil sur cet article

Elle fait tellement partie du décor qu’on ne la remarque plus. Or, quand il a fallu trouver une solution pour contrer l’érosion du revêtement en béton du Grand Théâtre de Québec, la monumentale murale de Jordi Bonet a constitué un souci de tous les instants pour les architectes de cet important projet de réfection évalué à 30 millions de dollars.

Quelle que soit la solution étudiée avant d’en arriver à celle qui a été retenue d’ériger un écrin de verre autour du bâtiment, une question revenait toujours dans les discussions : comment procéder tout en préservant l’intégrité d’une œuvre qui est partie prenante de sa structure ?

Créée en 1969, la murale se déploie sur trois murs et couvre une superficie de plus de 1000 mètres carrés. Il est impossible de toucher à un des murs de l’édifice sans l’altérer. Une surdose de délicatesse est exigée.

Une œuvre à redécouvrir

« La protection de l’œuvre d’art est à la source de la solution. Les gens ne le réalisent pas, mais elle représente presque la moitié du bâtiment. C’est notre plus grande contrainte, car elle est plus fragile qu’on pense. Il faut éviter la vibration et les chocs », fait remarquer l’architecte Éric Pelletier, qui a fait visiter le chantier à une équipe du Journal, la semaine dernière.

L’architecte Éric Pelletier.
Photo Stevens LeBlanc
L’architecte Éric Pelletier.

La murale est à ce point cruciale dans le projet de réfection que les ouvriers qui y travaillent ont eu droit à un cours d’histoire afin de les sensibiliser à son importance. « Aussi surprenant que ça puisse paraître, il y a encore des gens qui la découvrent », note M. Pelletier.

C’était tout le contraire lors de son inauguration, en 1971. Elle avait fait scandale en raison des mots de Claude Péloquin qui y sont gravés : « Vous êtes pas écœurés de mourir bande de caves ! C’est assez! » Ses détracteurs souhaitaient même effacer cette phrase jugée vulgaire.

Un demi-siècle plus tard et presque 40 ans après le décès de son créateur, la murale nous parle encore pour peu qu’on prenne le temps de s’arrêter pour l’étudier, soumet l’architecte du projet. « À chaque endroit qu’on regarde, à chacun des niveaux, elle a quelque chose à raconter. »

Prêt à l’automne

La livraison du Grand Théâtre 2.0 est toujours prévue pour l’automne. On en est actuellement à l’installation des panneaux de verre. Environ le quart des travaux est réalisé. On procédera bientôt aux tests pour la mise en lumière.

Des panneaux de verre sont installés tout autour du Grand Théâtre de Québec.
Photo Stevens LeBlanc
Des panneaux de verre sont installés tout autour du Grand Théâtre de Québec.

Le consortium Lemay et Atelier 21, derrière le concept d’enveloppe de verre, estime que l’enveloppe de verre permet de respecter l’œuvre originale de l’architecte Victor Prus, estime Éric Pelletier. « On l’a fait en se disant : si quelqu’un intervenait dans un de nos bâtiments dans 50 ans, comment on se sentirait ? »