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Trois cadres blâmés pour Phénix

Le Vérificateur général n’est pas allé assez loin pour ceux qui veulent une enquête sur le système de paie

Le Vérificateur général du Canada, Michael Ferguson, a critiqué sévèrement le gouvernement dans son rapport du printemps déposé mardi.
Photo Christopher Nardi Le Vérificateur général du Canada, Michael Ferguson, a critiqué sévèrement le gouvernement dans son rapport du printemps déposé mardi.

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OTTAWA | L’opposition et le syndicat veulent que s’expliquent trois cadres du fédéral blâmés hier pour avoir caché à leur patron les problèmes de Phénix pour installer le système de paie avant qu’il ne soit prêt.

« Nous demandons une enquête nationale publique sur Phénix, parce qu’on veut s’assurer de connaître les responsables [pour] qu’une situation comme celle-ci ne se reproduise plus jamais », a demandé hier Magali Picard, vice-présidente de l’Alliance de la Fonction publique du Canada, le principal syndicat des fonctionnaires fédéraux.

Dans un rapport très attendu publié hier, le Vérificateur général (VG) du Canada, Michael Ferguson, a rejeté la responsabilité de la « gestion médiocre » sur trois hauts fonctionnaires chargés d’implanter le nouveau système de paie, à l’hiver 2016.

« [Ces cadres] disposaient de plus d’information et de mises en garde qu’il n’en fallait sur le fait que le système Phénix n’était pas près à être mis en œuvre », écrit le vérificateur général qui écorche au passage tant les gouvernements Trudeau que Harper.

Échec

Ceux-ci se sont mutuellement accusés hier d’être responsables du fiasco.

Le député conservateur Gérard Deltell a exigé que les responsables soient trouvés et obligés de témoigner devant un comité parlementaire.

« Quand est-ce que le gouvernement va déclencher une enquête publique pour qu’on puisse enfin savoir ce qui s’est vraiment passé », a rajouté en Chambre la députée du Nouveau Parti démocratique Karine Trudel.

Afin de respecter les budgets et les délais serrés, ces trois gestionnaires ont laissé tomber des fonctions essentielles à la bonne marche du système, selon le VG, en plus d’annuler des tests qui auraient pu sonner l’alarme sur la déroute du projet.

Ils auraient ensuite assuré à tort à 14 dirigeants de ministères que « ces problèmes [qu’ils ont soulevé] avaient été réglés ou que des procédures [étaient] en place pour les régler ».

Le ministère des Services publics et de l’Approvisionnement du Canada a refusé de confirmer les noms qui circulaient à Ottawa hier, dont celui d’une fonctionnaire mutée à Montréal et l’une aujourd’hui à la retraite. Il n’a pas été possible pour Le Journal de confirmer de manière indépendante leur identité.

« Des sanctions ont été prises [envers les cadres responsables de Phénix] qui m’ont satisfaite », a déclaré la ministre Carla Qualtrough, précisant seulement que ces personnes ne sont plus à l’emploi du service de paie.

La mise en place hâtive de Phénix a bousillé la paie de centaines de milliers de fonctionnaires fédéraux et engendré des coûts qui pourraient atteindre 1 G$ pour les contribuables. Il promettait au départ des économies de 70 M$ par an.