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Un voyage à Paris pour de vieux routiers libéraux

Les futurs retraités profitent d’un séjour d’une semaine

Le président de l’Assemblée nationale Jacques Chagnon et les députés Raymond Bernier, Michel Matte et Mathieu Traversy ont profité de leur mission en France pour faire un saut à Chamonix (photo).
Photo courtoisie, Rémi Milleret/Maxppp/ZUMApress Le président de l’Assemblée nationale Jacques Chagnon et les députés Raymond Bernier, Michel Matte et Mathieu Traversy ont profité de leur mission en France pour faire un saut à Chamonix (photo).

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Le gouvernement libéral a envoyé pendant une semaine à Paris deux députés qui prennent leur retraite de la politique.

À trois mois de la campagne électorale, les élus libéraux Raymond Bernier et Michel Matte ont pu profiter de la Ville Lumière pour un dernier voyage interparlementaire. Les députés de Montmorency et Portneuf ont annoncé récemment qu’ils ne solliciteront pas un nouveau mandat.

Ils étaient accompagnés pour l’occasion du président de l’Assemblée nationale, Jacques Chagnon, qui a admis dernièrement payer la traite aux élus qui participent à ses missions à travers le monde. Lui non plus ne sera pas candidat aux prochaines élections.

Le député péquiste Mathieu Traversy était également du voyage, qui s’est déroulé du 21 au 27 mai, en sa qualité de vice-président de la délégation pour les relations avec le Sénat français.

Escapade à Chamonix

Les élus québécois en ont profité pour faire un saut à Chamonix afin de discuter ski alpin avec le sénateur de Haute-Savoie.

À la presse locale, le président Chagnon a déclaré que ce qui intéresse le Québec dans la montagne française, c’est «tout ce que les start-ups locales ont pu inventer comme le téléphone intelligent pour acheter ses billets ou commander ses cours de ski».

Récompense de fin de mandat

Aux yeux du whip caquiste Donald Martel, la présence des députés Bernier et Matte a tous les airs «d’une récompense» pour des élus en fin de mandat.

«C’est indéfendable, injustifiable d’envoyer deux députés, à quelques mois des élections, des gens qui ne se représentent pas. On veut convaincre les gens que [les missions], c’est bon pour les relations avec d’autres pays, mais les gens, ils s’en vont, il ne reste rien [pour l’Assemblée nationale]», a-t-il réagi.

M. Martel précise qu’après évaluation, la CAQ a choisi de ne désigner personne pour ce déplacement dans l’Hexagone. «Quand on faisait l’étude des choses abordées, on ne trouvait pas pertinent d’envoyer quelqu’un», insiste-t-il.

Selon des documents obtenus par Le Journal, les sujets traités concernaient l’actualité politique et parlementaire, l’intelligence artificielle et le volet agricole de l’Accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union européenne.

Transparence

Pour le député solidaire Amir Khadir, le problème en est un de transparence. L’opacité qui entoure les missions amène inévitablement des soupçons de toutes sortes. «Ça entraîne ce genre de doute et de perception, que [le choix de tel ou tel député], ça pourrait être par favoritisme», dit-il.

Le Journal a révélé le mois dernier qu’il est pratiquement impossible de connaître les détails des coûts des déplacements et des dépenses des élus en mission.

Grâce à une motion de Québec solidaire, qui réclame des rapports détaillés, le sujet sera à l’ordre du jour d’une rencontre du Bureau de l’Assemblée nationale jeudi.

La porte-parole de la whip libérale Nicole Ménard assure qu’il ne s’agit pas d’une récompense offerte aux députés sortants Raymond Bernier et Michel Matte. «Les missions, c’est de la représentation, c’est de l’échange entre Parlements, plaide Aurélie Gagnon. Les élus sont élus jusqu’à la fin de leur mandat.»