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L'athlète paraplégique Jimmy Pelletier réussit l’impossible et atteint le sommet du Kilimandjaro

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En s’attaquant à l’ascension du Kilimandjaro, l’athlète paraplégique Jimmy Pelletier savait que le défi était colossal, mais il n’aurait jamais pensé qu’il le serait à ce point. Après avoir eu peur de mourir à plusieurs reprises et vu trois de ses cinq compagnons d’ascension, dont sa conjointe, Manon Bélanger, abandonner avant la fin, Pelletier a atteint le sommet de l’Afrique le 24 mai dernier.

Installé sur un vélo de montagne adapté à trois roues et aidé par quatre porteurs, ou sherpas, il est devenu le deuxième dans l’histoire à atteindre le sommet de l’Afrique dans de telles conditions.

Mais ce ne fut pas de tout repos.

Les quatre premières journées se sont déroulées selon les plans, pour Pelletier. Seule ombre au tableau, l’un de ses partenaires, Marc Provost, a dû abandonner au terme de la troisième journée en raison de problèmes de santé. L’homme de 77 ans tentait d’atteindre le sommet du Kilimandjaro pour la septième fois de sa vie.

C’est toutefois lors de la cinquième et dernière journée qu’ils ont compris ce qu’était vraiment l’ascension de cette montagne.

«On a commencé, et les côtes avaient une pente d’environ 40 %», se souvient Pelletier, joint quelques minutes après qu’il a débarqué à Montréal, mercredi soir. Il jure d’ailleurs que les quatre sherpas avec qui il a voyagé ont été «des anges» durant ce périple.

«Ce sont des machines. Ils sont vaillants, ils ont été là pour moi, ils chantaient et n’arrêtaient pas de me dire qu’ils m’amèneraient au sommet du Kilimandjaro.»

Pénible

Ces derniers ont d’ailleurs mis toute la gomme lors de la dernière journée. Malgré le froid, les accumulations de neige de plus en plus importantes et les dénivelés atteignant parfois 70 %, ils ont continué à aider Pelletier dans sa quête.

«À un moment donné, j’avais perdu mes compagnons et j’étais seul derrière avec les quatre sherpas et le guide. Ça devenait de plus en plus difficile, puisqu’ils devaient me tirer dans la neige», se rappelle-t-il.

Puis, il aperçoit soudain sa conjointe Manon Bélanger et France Gaboury revenir vers lui. Victime du mal d’altitude, Mme Bélanger doit faire marche arrière et retourner au campement.

«Là, on a eu de grosses émotions. On n’était qu’à 400 m du sommet, et elle voulait vraiment être avec moi en haut», ajoute-t-il, ému.

Dernier sprint

Malgré tout, pas question de renoncer. Pelletier demeure décidé à aller rejoindre Jonathan Légaré et Hughes Leblanc au sommet.

«Le reste, il a été rough en tabarnouche. Il y avait des grosses roches et des plateaux de neige. On devait zigzaguer à travers ça, il fallait qu’ils me tirent, parce que je ne pouvais pas rouler là-dedans. À un moment, ils m’ont renversé sur le côté sans le vouloir. Je te jure, j’ai vraiment manqué tomber dans une crevasse et mourir. À partir de ce moment, je n’ai jamais eu peur comme ça de ma vie. Je n’avais pas le contrôle de mon corps à 100 %, et ma vie était entre les mains de ces gars-là.»

Il parviendra tout de même à atteindre le premier sommet du Kilimandjaro, le point Gilman’s, après plus de 12 heures passées sur son vélo.

«Quand je suis arrivé, je n’avais pas d’émotions. Je les avais eues plus bas. On devait redescendre, et le soleil se couchait bientôt. Je me suis dit : je vais mourir ici.»

Mais il est redescendu et il avoue, une semaine plus tard, ne pas réaliser encore complètement l’ampleur de son accomplissement. Heureux et fier de l’avoir réalisé, il assure que ce genre de périple en vélo de montagne, c’est terminé pour lui.

«Je ne peux pas interdire quelqu’un de le faire, mais c’est un pensez-y-bien. Je savais que ce serait vraiment dur, mais je ne pensais pas que ce serait surhumain comme ça. Il faut vraiment que tu sois fort entre les deux oreilles.»