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15 coroners ont dénoncé des délais inacceptables des services ambulanciers

Le Journal n’a pu obtenir le suivi accordé aux recommandations

Outre la période récente de 2005 à 2015, une dizaine d’autres rapports d’enquête ont aussi été écrits entre 1998 et 2004 par les coroners de l’époque au sujet des délais d’intervention des ambulanciers.
Photo d’Archives, STÉPHANE BOUCHARD Outre la période récente de 2005 à 2015, une dizaine d’autres rapports d’enquête ont aussi été écrits entre 1998 et 2004 par les coroners de l’époque au sujet des délais d’intervention des ambulanciers.

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Pendant près de 10 ans, au moins 15 coroners ont dénoncé plus d’une vingtaine de fois les délais d’intervention trop longs des services ambulanciers. Il a toutefois été impossible de connaître le suivi accordé à leurs recommandations.

De 2005 à 2015, une vingtaine de rapports ont ciblé des délais d’intervention inacceptables, souvent en raison du manque de véhicules.

Les coroners ne peuvent souvent pas affirmer que le long délai a causé le décès, mais une intervention plus rapide aurait certainement amélioré les chances de survie du patient.

« Un fait demeure, il n’a pas eu les services requis par son état. Ce décès était évitable », écrit notamment le coroner Michel Ferland à la suite du décès d’un homme de 50 ans, à Laval.

Pas suffisant

Carmen Gauvin habitait avec son frère Yvon lorsque celui-ci est décédé le 15 février 2012 près de Joliette.

Selon le coroner Bélisle, il a fallu trois appels au service 911 et plus de deux heures trente minutes pour donner suite à cette demande d’assistance.

« C’était très long. Si quelqu’un avait pu m’aider, ça aurait été plus rapide de se rendre à l’hôpital par nos propres moyens. Ça ne change pas. Attendre trois heures pour une ambulance, ça arrive », mentionne la dame de 77 ans un peu craintive d’avoir besoin d’un transport d’urgence.

Selon l’Association des travailleurs du préhospitalier (ATPH), la situation est révoltante.

« Nous ne sommes pas pris au sérieux. Les derniers ajouts ne suffisent pas. C’est comme mettre un pansement sur une plaie géante. Il ne faut pas attendre 30 ou 40 coroners qui tiennent le même discours », affirme Frédéric Maheux, président de l’ATPH-CSN.

Après des dénonciations répétées des paramédicaux, le ministre de la Santé Gaétan Barrette a annoncé, en novembre 2017, un montant de 28,2 M$ pour l’ajout de 22 ambulances à travers la province, dont quatre à Québec.

« Il faudrait se doter d’une norme. Les gouvernements sont frileux parce que ça coûte de l’argent. Ça va possiblement prendre d’autres décès encore plus tragiques pour changer ça », répond le coroner Pierre Bourassa.

Plus de 100 jours

Ces rapports ont-ils trouvé écho auprès du gouvernement depuis 20 ans ? L’ex-coroner en chef, Catherine Rudel-Tessier, a suggéré de vérifier « quelles ont été les réponses à ces recommandations ».

À la suite d’une demande d’accès à l’information le 19 février 2018, le bureau du coroner devait d’abord demander aux organisations visées par ces recommandations si elles acceptent ou non de transmettre leurs réponses.

Le 28 mai dernier, près de 100 jours après la demande initiale, Le Journal n’avait toujours rien reçu malgré deux rappels.