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CHSLD: des employés brisent le silence pour dénoncer leurs conditions

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SAGUENAY | Des employés de centres d'hébergement de soins de longue durée (CHSLD) ont brisé le silence à la caméra de TVA Nouvelles jeudi pour dénoncer la situation de leur milieu de travail au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

L’un d’eux, qui a voulu garder l’anonymat, voit des situations désolantes comme les chutes de lit, au moins une par jour où personne n'a vu tomber le patient.

«La personne est par terre et n’est pas capable de sonner ou de se relever. Souvent, elle est confuse. Il y a des fractures de la hanche, des jambes et des fractures de toutes sortes. Nous n’avons pas assez de personnel et de personnel de surveillance», a-t-il raconté.

Il observe souvent que des patients sont très agressifs envers les employés. «Des coups de poing, des coups de pied. Se faire serrer les poignets. D’autres vont nous griffer avec leurs ongles.»

C'est ce qui arrive, dit-il, quand il n'y a parfois qu'une infirmière pour 70 patients ou trois personnes pour les soins.

«Quand on nomme les choses (aux supérieurs), on nous dit: "c'est à toi de gérer". J'invite le ministre Barrette à venir passer une semaine avec moi. Nous aimerions être plus écoutés.»

Il témoigne que parfois, des bains ne sont pas donnés par manque de temps et de personnel, et que des patients n’ont pas la présence humaine que requiert leur état.

«Des patients qui sont confus s’expriment aussi. Ils crient. Ils ont besoin d’avoir quelqu’un. Ils ont besoin que l’on soit 15 ou 20 minutes avec eux, mais on n’a pas le temps.»

Une autre employée lance la même invitation au ministre. «J’aimerais qu’il passe une semaine avec nous autres. On manque vraiment de monde.»

À deux employés pour 32 patients, la tâche est lourde et des patients sont violents envers elle.

«Avant, ils appelaient cela "l'activité repas". Maintenant, il faut se grouiller. On est un pour trois. Le matin, c'est vite, vite. On les lève. On manque de monde. On a le double de l'ouvrage. On n'a pas le temps de faire le lit. La barbe est souvent négligée. Aux trois ou quatre jours. Il y a souvent de la violence. Ils nous poussent, nous frappent. Une claque dans la face.»

Une autre infirmière nous a témoigné du contexte difficile où règne, dit-elle, une loi du silence. Après une longue carrière en CHSLD, elle a préféré quitter, essoufflée, pour prendre sa retraite.