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La prof qui aime les «p’tits tannants»

Carmen Roberge accueille des élèves turbulents dans sa classe pour un moment de répit

L’enseignante Carmen Roberge, toujours passionnée par le métier qu'elle exerce depuis une vingtaine d’années, aime essayer «des nouvelles affaires» dans sa classe «techno», la première du genre à avoir été créée dans son école d'Anjou, à Montréal.
Photo Pierre-Paul Poulin L’enseignante Carmen Roberge, toujours passionnée par le métier qu'elle exerce depuis une vingtaine d’années, aime essayer «des nouvelles affaires» dans sa classe «techno», la première du genre à avoir été créée dans son école d'Anjou, à Montréal.

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ANJOU | Avec son énergie débordante et sa bonne humeur à toute épreuve, Carmen Roberge aime profondément tous ses élèves, y compris les «p’tits tannants» qu’elle accueille souvent dans sa classe afin de permettre à des collègues de souffler un peu.

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Près de son bureau, devant sa classe de 3e année, on peut lire sur une affiche jaune bien en vue: «Les enfants ont besoin d’amour, surtout ceux qui ne le méritent pas.»

Presque tous les jours, Mme Roberge accueille des élèves turbulents qui ont vécu une période difficile avec un autre enseignant, pour un moment de répit.

«C’est très rare que ça dégénère. Neuf fois sur dix, je suis capable d’entrer en relation avec eux. Je les aime», lance-t-elle.

Une approche positive

Lors du passage du Journal, un élève de 5e année était assis dans le fond de la classe. Sa journée avec une suppléante n’avait pas bien commencé, explique Mme Roberge.

Cette enseignante passionnée prend aussi sous son aile des élèves différents ou mis à l’écart «en misant sur leurs différences de façon positive», explique Brigitte Nehma, la mère d’un de ses anciens élèves.

Son fils Loïc a vécu beaucoup d’intimidation au début du primaire, jusqu’à ce qu’il «atterrisse» dans la classe de Mme Roberge, qui est rapidement intervenue pour que la situation change.

Elle l’a ensuite encouragé à faire partie du spectacle amateur qu’elle organise avec une équipe de bénévoles de l’école depuis une quinzaine d’années. «Si Loïc est aujourd’hui un adolescent épanoui, nous le devons à Carmen», affirme Mme Nehma.

Des étoiles dans les yeux

Elle n’est probablement pas la seule à pouvoir en dire autant. Au fil des ans, cette enseignante a fait apparaître des étoiles dans les yeux de plusieurs jeunes qui avaient plutôt l’habitude de venir à l’école à reculons.

Chaque année, elle entraîne et dirige, en dehors des heures de classe, des dizaines d’élèves qui veulent participer au spectacle amateur de l’école mais n’ont pas de soutien à la maison pour les aider à répéter.

L’enseignante Carmen Roberge, toujours passionnée par le métier qu'elle exerce depuis une vingtaine d’années, aime essayer «des nouvelles affaires» dans sa classe «techno», la première du genre à avoir été créée dans son école d'Anjou, à Montréal.
Photo Pierre-Paul Poulin

«Pour un enfant de 5e ou 6e année qui n’est pas bon à l’école, de performer devant ses pairs, ça a un impact super positif. Ça vaut des millions de dollars, de voir ça», lance-t-elle, les yeux brillants.

En plus de ce spectacle d’envergure auquel ont participé 185 élèves cette année, Mme Roberge organise depuis plusieurs années, avec des collègues, la classe verte et la fête de la rentrée, où jeux gonflables et canon à mousse sont au rendez-vous. «On fait ça en grand!» dit-elle.

Une enseignante qui innove

Mme Roberge fait aussi partie de ceux qui innovent et essaient «des nouvelles affaires» en classe. Elle a été la première enseignante de son école à se lancer dans un projet de classe techno, il y a six ans, même si elle «ne comprend pas encore tout». «Mes élèves sont meilleurs que moi, mais je le fais pareil», affirme-t-elle.

Mais ce qu’elle aime par-dessus tout, c’est la relation avec les élèves et le sentiment d’appartenance en classe.

À un point tel qu’il lui paraît «impensable» de travailler quatre jours par semaine, comme le font plusieurs enseignants.

Mme Roberge refuse même de prendre congé si elle n’arrive pas à trouver un suppléant qui lui convient. «Je le sais, je n’ai pas d’allure!» lance-t-elle.

Enseignante depuis 19 ans à l’école internationale Wilfrid-Pelletier, à Anjou, Carmen Roberge a su se forger toute une réputation au fil des ans. «J’essaie d’être à la hauteur», dit-elle en souriant.

Lily-Jeanne, l'une de ses élèves, rêvait d’être dans sa classe depuis la première année et n’a vraiment pas été déçue, au contraire: «Elle est amusante, toujours de bonne humeur et juste. Il n’y en a pas deux comme elle.»

Carmen Roberge

L’enseignante Carmen Roberge, toujours passionnée par le métier qu'elle exerce depuis une vingtaine d’années, aime essayer «des nouvelles affaires» dans sa classe «techno», la première du genre à avoir été créée dans son école d'Anjou, à Montréal.
Photo Pierre-Paul Poulin
  • 19 années d’expérience
  • École primaire internationale Wilfrid-Pelletier, Anjou, Montréal

Si vous étiez ministre de l’Éducation, que changeriez-vous?

«Je rendrais la tâche des enseignants plus flexible. Présentement, c’est très compartimenté. J'ajouterais aussi plus de services pour les élèves, parce qu'il n'y en a pas assez.»