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Métisser Québec

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Régis Labeaume est rentré hier d’un séjour à Montréal où il a dirigé une opération séduction dans le but d’attirer plus d’immigrants à Québec, une tâche difficile, mais nécessaire.

Depuis mardi, le maire a notamment rencontré les représentants consulaires de plus de 25 pays et a participé au Salon de l’immigration et de l’intégration au Québec.

Comme il l’avait fait à Québec, la semaine précédente, il a parlé de l’importance de métisser Québec, à défaut de quoi la ville frappera un mur, aux prises avec un grave problème de main-d’œuvre.

La ville « blanche judéo-chrétienne » change, mais elle va devoir changer encore beaucoup plus, a exposé M. Labeaume, qui parle de « gros changement de paradigme ».

Entre 2006 et 2016, le nombre d’immigrants est passé de 4,5 à 7,2 %. C’est un pas dans la bonne direction, mais c’est encore nettement insuffisant pour combler les besoins en main-d’œuvre, qui se chiffrent à 17 000 personnes à l’heure actuelle.

Bien que le défi existe pour tout le Québec, il est particulièrement important dans la Capitale-Nationale, où le taux de chômage est le plus bas au pays. Le maire reconnaît que Québec, qui est en compétition avec des grandes villes, a encore beaucoup de travail à faire.

Outre les emplois disponibles, la capitale mise sur la qualité de vie et l’aspect sécuritaire de Québec pour convaincre les immigrants. C’est judicieux. Puis, une fois que les immigrants s’installent ici, le taux de rétention est excellent, soit 94 % après cinq ans.

Entreprises au désespoir

De 2008 à 2018, les missions de Québec International ont permis d’attirer 6000 nouveaux arrivants à Québec. Des démarches ont cours présentement en Tunisie, notamment, et on s’intéresse à l’Italie, où une partie de la population parle aussi un peu le français.

Les entrepreneurs ont un tel besoin de main-d’œuvre qu’ils en viennent à improviser. Cela peut engendrer des conséquences fâcheuses, comme le fait que des gens ont dû être retournés dans leur pays faute d’avoir répondu à toutes les exigences.

À cet égard, les entrepreneurs ont besoin de ressources, mais le gouvernement doit aussi mieux expliquer les besoins. À Montréal, le maire Labeaume a mis en garde les politiciens qui seraient tentés de faire du millage politique sur le sujet, lequel sera à coup sûr abordé pendant la campagne électorale à venir.