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Le rêve de Gabriel Dumont

Un cabaret théâtral sur la lutte du peuple métis, inspiré par les spectacles de Buffalo Bill

Les versions des communautés francophones, autochtones, anglophones et métisses s’affrontent dans ce spectacle.
Photo courtoisie Jonathan Lorange Les versions des communautés francophones, autochtones, anglophones et métisses s’affrontent dans ce spectacle.

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Chef du peuple métis, Gabriel Dumont rêvait de raconter l’histoire de la lutte de son peuple dans un spectacle à grand déploiement. Jean-Marc Dalpé et Alexis Martin ont décidé de donner vie à ce vieux rêve jamais réalisé avec le Wild West Show de Gabriel Dumont.

À l’affiche jeudi et vendredi, à La Bordée, à l’occasion du Carrefour international de théâtre, cette grande fresque, présentée sous la forme d’un grand cabaret théâtral, réunit des artistes francophones, autochtones, anglophones et métis, de Montréal, d’Ottawa, de Winnipeg et de la Saskatchewan.

En 1886, un an après une charge lancée contre un mouvement de résistance métis, surnommée la bataille de Batoche, en Saskatchewan, par le premier ministre John A. Macdonald, Gabriel Dumont s’est réfugié aux États-Unis.

Recruté par Buffalo Bill, Gabriel Dumont a fait partie, durant un an ou deux, du légendaire Wild West Show, un spectacle qui reproduisait des attaques de diligences et la chasse au bison.

L’histoire du peuple métis est racontée sous forme de cabaret théâtral.
Photo courtoisie Jonathan Lorange
L’histoire du peuple métis est racontée sous forme de cabaret théâtral.

« Un des rêves de Gabriel Dumont était de faire un spectacle, comme ceux qu’il a faits avec Buffalo Bill, pour raconter l’histoire des Métis. Le Wild West Show de Gabriel Dumont est la réalisation de son rêve », a indiqué Jean-Marc Dalpé lors d’un entretien.

Initiateur de cet objet théâtral avec Alexis Martin, Jean-Marc Dalpé voulait raconter une tranche de l’histoire du Canada très méconnue, soit celle du peuple métis.

« Au tout début du projet, ma blonde m’a demandé si nous, deux gars blancs, de l’Est, étions vraiment pour raconter cette histoire-là. Je lui ai répondu : “Non, non, bien sûr que non” », a-t-il relaté, en riant.

Cette petite remarque ironique a amené les deux concepteurs à faire appel, pour l’écriture de cette saga, à des artistes et des auteurs, descendants des communautés anglophones, autochtones et métisses, impliquées dans cette histoire.

Alexis Martin dans le Wild West Show de Gabriel Dumont.
Photo courtoisie Jonathan Lorange
Alexis Martin dans le Wild West Show de Gabriel Dumont.

Le partage

Avec 20 mains pour écrire un spectacle, l’aventure pouvait s’annoncer fort complexe et représenter un immense défi.

« Notre plus grand défi », a précisé l’auteur franco-ontarien, était de trouver l’argent pour financer cette production.

Jean-Marc Dalpé indique que tout le monde a fait preuve de grande volonté, qualifiant la rencontre d’extraordinaire. Un Iranien, Mani Soleymanlou, a même été engagé pour faire la mise en scène.

« Chaque communauté a sa vision des choses et sa façon de penser face à ces événements-là, et qui sont parfois en contradiction. On n’essaie pas, avec le Wild West Show de Gabriel Dumont, de réécrire l’histoire et d’en faire une nouvelle version qui réconcilie tout le monde. Nous sommes plus dans la business du partage que dans une opération réconciliation. Une scène, qui raconte quelque chose, peut être suivie par une autre qui contredit ce que l’on vient de voir. Ce n’est pas grave », a-t-il fait remarquer.

Présenté dans une forme très éclatée, avec de la musique, de la danse, des éléments comiques et dramatiques, des chansons et de la vidéo, Jean-Marc Dalpé précise que le Wild West Show de Gabriel Dumont est un spectacle qui est très drôle.

« Oui, les gens vont apprendre des choses, mais on rit aussi à cent miles à l’heure », a-t-il lancé.


► Le Wild West Show de Gabriel Dumont est présenté jeudi et vendredi, à 19 h, à La Bordée.