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Méditation et massage pour les élèves de cette prof

Chantale Locas a instauré un climat zen dans sa classe, pour contrer l’anxiété

Chantale Locas enseigne à 52 élèves de 4e année dans une classe double, en compagnie de sa collègue et meilleure amie Hélène Dagenais.
Photo Chantal Poirier Chantale Locas enseigne à 52 élèves de 4e année dans une classe double, en compagnie de sa collègue et meilleure amie Hélène Dagenais.

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LAVAL | Chantale Locas a su insuffler sérénité et zénitude à ses élèves, qui commencent chaque journée d’école par une séance de méditation.

Assis à l’indienne sur leur pupitre, ses élèves de 4e année ferment les yeux et respirent profondément.


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Pendant deux, parfois trois minutes, ils se laisseront bercer par la douce voix de madame Chantale, qui les initie à la relaxation depuis le début de l’année scolaire.

La fin de leur journée d’école se terminera par une séance de massage. «J’aime ça beaucoup et ça me fait du bien, parce que je suis stressée», lance une de ses élèves.

Chantale Locas enseigne à 52 élèves de 4e année dans une classe double, en compagnie de sa collègue et meilleure amie Hélène Dagenais.
Photo Chantal Poirier

Pression de réussir

Dans le quartier aisé de Laval où est située l’école primaire Sainte-Béatrice, les enfants vivent beaucoup d’anxiété, souligne leur enseignante. La vie va vite et la pression de la réussite pèse déjà sur leurs jeunes épaules, explique-t-elle.

Or ces petites séances quotidiennes de relaxation ont complètement changé le climat de cette classe toute spéciale, affirme Chantale Locas, qui, avec sa collègue et meilleure amie Hélène Dagenais, enseigne à 52 élèves.

Chantale Locas enseigne à 52 élèves de 4e année dans une classe double, en compagnie de sa collègue et meilleure amie Hélène Dagenais.
Photo Chantal Poirier

«Ils sont plus calmes, ils expriment mieux leurs sentiments et on n’a pratiquement pas de conflit. Ça fait toute la différence», lance-t-elle.

Le calme qui règne dans cette immense classe est d’ailleurs impressionnant. Ici, il n’y a qu’une seule règle: les élèves doivent chuchoter entre eux.

Le silence n’est pas obligatoire, sauf en période d’examen. Le ton ne monte jamais, ou presque, même lors de travaux d’équipe.

Le feu sacré retrouvé

Mais Mme Locas, qui prévoit initier tous les élèves de l’école à la méditation l’an prochain, n’a pas toujours été si zen.

Il y a deux ans, elle pensait plutôt abandonner l’enseignement, avant de découvrir la méditation, qui a changé sa façon de voir la vie. «Je pensais que j’étais en train de perdre la flamme, mais je l’ai retrouvée», dit-elle en souriant.

Chantale Locas enseigne à 52 élèves de 4e année dans une classe double, en compagnie de sa collègue et meilleure amie Hélène Dagenais.
Photo Chantal Poirier

Maintenant débordante d’énergie, elle a toujours des projets en branle et de nouvelles idées à tester pour renouveler son enseignement.

«Enseigner avec Chantale, c’est essoufflant, mais c’est merveilleux!  Elle a beaucoup d’idées, mais, des fois, elle oublie de m’en parler!» lance sa collègue Hélène en riant.

Enseignement dynamique

Depuis quelques années, Mme Locas fait de l’enseignement dynamique (whole brain teaching), basé sur la répétition de phrases et de gestes par des élèves qui enseignent par la suite les mêmes notions à leurs camarades de classe, à tour de rôle.

Cette année, cette prof a aussi voulu expérimenter la classe flexible. En plus des traditionnels pupitres, on retrouve dans son grand local des fauteuils, un divan, des tabourets et des espaces de travail isolés, où une douzaine d’élèves «nomades» peuvent s’installer pour travailler.

Chantale Locas enseigne à 52 élèves de 4e année dans une classe double, en compagnie de sa collègue et meilleure amie Hélène Dagenais.
Photo Chantal Poirier

«Ils peuvent même travailler couchés par terre s’ils le veulent», lance Mme Locas, qui a elle-même reçu un diagnostic de trouble de déficit d’attention avec hyperactivité.

«J’aurais bien aimé avoir une classe comme ça, lorsque j’étais à l’école», lance-t-elle, avant d’ajouter: «Ce que j’aime le plus de l’enseignement, c’est la liberté que ça procure. On peut penser en dehors de la boîte, on n’est pas obligé de suivre la track

Chantale Locas

Chantale Locas enseigne à 52 élèves de 4e année dans une classe double, en compagnie de sa collègue et meilleure amie Hélène Dagenais.
Photo Chantal Poirier
  • 26 années d’expérience
  • École primaire Sainte-Béatrice, Laval

Si vous étiez ministre de l’Éducation, que changeriez-vous?

«J’enlèverais les évaluations au primaire. Si on pouvait faire vivre de belles expériences et de nouveaux apprentissages aux élèves sans les évaluer, on changerait le visage de l’éducation au Québec. Le chemin de la réussite est plus important que l’objectif final.»