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Un enseignant qui utilise le théâtre pour inculquer la rigueur

L’enseignant Marc-André Perron a écrit et mis en scène une pièce de théâtre qui porte sur l’intimidation, avec ses élèves de 5e année. Il n’hésite pas à «embarquer» dans des projets proposés par ses élèves, comme le Défi Têtes rasées, qui vise à amasser des fonds pour la lutte contre le cancer.
PHOTO JEAN-FRANÇOIS DESGAGNÉS L’enseignant Marc-André Perron a écrit et mis en scène une pièce de théâtre qui porte sur l’intimidation, avec ses élèves de 5e année. Il n’hésite pas à «embarquer» dans des projets proposés par ses élèves, comme le Défi Têtes rasées, qui vise à amasser des fonds pour la lutte contre le cancer.

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LAC-BEAUPORT | Être prof est un rôle taillé sur mesure pour Marc-André Perron, un passionné qui utilise le théâtre pour enseigner à ses élèves de 5e année «la rigueur, l’effort et la fierté du travail bien fait».

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En avril, lorsqu'ils ont assisté à la première de la pièce de théâtre écrite par Marc-André et interprétée par les élèves de sa classe, plusieurs parents n’en revenaient tout simplement pas: «Ce qu’il a réalisé nous a jetés par terre», lance le père d’un élève, Jean-Michel Picard, qui y a vu une pièce «de calibre professionnel» réalisée pendant l’année scolaire «au travers d’un enseignement hors pair». «C’est le genre de prof qui marque l’enfance, qui donne des ailes à nos enfants», affirme-t-il.

Et il n’est pas le seul à avoir été renversé. Le Journal a reçu plus d’une quinzaine de courriels de parents qui ont tenu à souligner le travail «exceptionnel» de cet enseignant de l’école primaire Montagnac, à Lac-Beauport. Un record.

Au-delà du théâtre, ce projet d’envergure permet aux enfants de développer un sentiment d’appartenance à un groupe, le travail d’équipe, leur autonomie et la gestion de leur horaire, ont tenu à souligner d’autres parents.

La pièce de théâtre a été préparée en grande partie pendant les heures de classe, pendant plusieurs mois. Pour ne pas prendre de retard dans le programme scolaire, les élèves ont dû mettre les bouchées doubles et faire plusieurs travaux scolaires à la maison. «À cause de la pièce, on travaillait vraiment beaucoup, mais on était motivés, on arrivait à se concentrer», raconte Louis-Philippe.

L’enseignant Marc-André Perron a écrit et mis en scène une pièce de théâtre qui porte sur l’intimidation, avec ses élèves de 5e année. Il n’hésite pas à «embarquer» dans des projets proposés par ses élèves, comme le Défi Têtes rasées, qui vise à amasser des fonds pour la lutte contre le cancer.
Photo JEAN-FRANÇOIS DESGAGNÉS

«Il est possible d’apprendre en s’amusant, mais il faut aussi être prêt à travailler dur lorsqu’il le faut, souligne Marc-André. Ils sont capables de faire de grandes choses, même s’ils sont petits.»

Les élèves, qui en avaient eux aussi long à raconter, étaient visiblement très fiers de ce qu’ils avaient réalisé ensemble.

Un prof dans les estrades

Si cet enseignant est parvenu à «pousser» si loin ses élèves, c’est d’abord parce qu’il a réussi à établir un lien privilégié avec eux. «Pour qu’un élève apprenne, il faut qu’il se sente bien», résume-t-il.

Lorsque son horaire le lui permet, Marc-André n’hésite pas à assister à une compétition de taekwondo d’un de ses élèves le week-end ou à un match de soccer auquel participe un autre de ses «protégés».

«Je m’intéresse pour de vrai à ce qu’ils font. Et ça change tout», affirme celui qui organise des soirées cinéma et des sorties de ski alpin avec ses élèves et leurs parents, en dehors des heures de cours.

En classe, Marc-André mise sur ce qu’il appelle de la «pédagogie éclatée»: il fait mémoriser des règles de grammaire grâce à des comptines, joue au baseball-math avec ses élèves pour leur faire apprendre les tables de multiplication et il peut même danser en classe, à l’occasion. «Mais on ne fait pas n’importe quoi, souligne-t-il. Il y a aussi beaucoup de structure et de rigueur au quotidien. C’est très important pour moi.» Les élèves apprennent rapidement, en début d’année, quelles sont les règles en classe. «Tout est permis quand tout est respecté», lance-t-il.

Ses élèves, visiblement, en redemandent. «Avant, je n’aimais pas pantoute l’école, lance Hugo. Maintenant, j’aime mieux ça. Je m’assois même en avant de la classe, pour écouter.»

Marc-André Perron

L’enseignant Marc-André Perron a écrit et mis en scène une pièce de théâtre qui porte sur l’intimidation, avec ses élèves de 5e année. Il n’hésite pas à «embarquer» dans des projets proposés par ses élèves, comme le Défi Têtes rasées, qui vise à amasser des fonds pour la lutte contre le cancer.
Photo JEAN-FRANÇOIS DESGAGNÉS
  • 10 années d’expérience
  • École primaire Montagnac, bâtiment de la Montagne, Lac-Beauport

Si vous étiez ministre de l’Éducation, que changeriez-vous?

«On a une belle responsabilité, celle de former les citoyens de demain, mais on a besoin d’être appuyés là-dedans. Quand il y a un capitaine de navire qui perd l’équilibre, les élèves aussi perdent pied. Et quand cette situation arrive, que les ressources sur le terrain sont insuffisantes, il n’y a personne qui est gagnant.»