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Ce prof fait entrer les jeux vidéo à l’école

L’enseignant de sciences David Fréchette a fondé un «gaming club» qui permet aux élèves de se réunir trois fois toutes les deux semaines, le midi, pour jouer en ligne à des jeux vidéo autorisés dans un local aménagé spécialement pour eux.
Daphnée Dion-Viens L’enseignant de sciences David Fréchette a fondé un «gaming club» qui permet aux élèves de se réunir trois fois toutes les deux semaines, le midi, pour jouer en ligne à des jeux vidéo autorisés dans un local aménagé spécialement pour eux.

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TROIS-RIVIÈRES | Pour l’enseignant David Fréchette, tous les élèves devraient avoir leur place à l’école, y compris les geeks qui carburent aux jeux vidéo.

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Ce biologiste de formation devenu enseignant de sciences au secondaire se décrit lui-même comme un geek qui a passé beaucoup trop d’heures devant sa console Nintendo lorsqu’il était adolescent.

Prof au Collège Marie-de-l’Incarnation, une école secondaire privée de Trois-Rivières, il a fondé un gaming club qui regroupe une quinzaine d’élèves principalement passionnés de jeux vidéo, qui se rencontrent pendant l’heure du dîner. «On ne peut pas se battre contre Goliath, les jeux vidéo sont là pour rester. Mais il faut les encadrer», affirme M. Fréchette.

Ce club parascolaire permet aussi à ses élèves d’avoir une place bien à eux au Collège, ajoute-t-il. «Dans les écoles, il y a des programmes et des activités pour ceux qui aiment les sports et les arts, mais souvent, il n’y a rien pour les geeks. Je voulais les placer quelque part, pour briser l’isolement» raconte-t-il.

Fort de sa propre expérience, il a su établir un contact privilégié avec ces jeunes, mais aussi avec leurs parents. «Adolescent, je connaissais tous les trucs pour déjouer les consignes de ma mère, alors, je peux donner des conseils aux parents. Mais je peux aussi donner des trucs aux jeunes pour éviter qu’ils s’enfoncent dans une spirale sans fond», lance cet enseignant qui insiste beaucoup sur l’importance de mener une vie équilibrée, où l’écran ne prend pas toute la place.

Les périodes de jeu en ligne «en environnement contrôlé» permettent aussi aux élèves de travailler sur la gestion de leur colère, de leur agressivité, ainsi que de développer des aptitudes à jouer en équipe et à collaborer, explique l'enseignant.

Les principaux intéressés sont évidemment ravis de pouvoir «gamer» pendant l’heure du dîner à l’école. Certains sont aussi très conscients des risques de la cyberdépendance. «Avant, je jouais beaucoup trop. Maintenant, je gère mieux ça», lance Nathan, un élève de troisième année.

Jean-Sébastien Brouard, directeur des services éducatifs au secondaire du Collège, appuie cette initiative qui a permis à des jeunes parfois plus effacés de prendre leur place à l’école et de s’y sentir bien, affirme-t-il.

Des tortues à l’école

David Fréchette est aussi reconnu au Collège comme étant un passionné des «bibittes», qui va même jusqu’à les faire entrer à l’école. Cet enseignant de sciences n’hésite pas à amener en classe plusieurs «spécimens» qui rampent, marchent ou grouillent. Au fil des ans, les élèves ont vu défiler en classe des furets, des tortues, des lézards et toutes sortes d’insectes.

Un projet qui a marqué de nombreux élèves est d’ailleurs la construction d’un terrarium. Chaque élève devait capturer dans la nature une bestiole – grenouille, salamandre, couleuvre ou autre – et l’y installer pendant quelques semaines. «Ça nous a fait découvrir des passions, je n’avais jamais pensé, avant, que j’aimais autant les bibittes. J’ai chassé tout l’été», raconte Charlotte Rose, une ancienne élève de M. Fréchette, maintenant en cinquième secondaire.

David Fréchette

  • 13 années d’expérience
  • Collège Marie-de-l’Incarnation, Trois-Rivières

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«J'essaierais de revaloriser la profession enseignante, afin de la rendre plus attrayante auprès de la relève.»