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Pierre Paradis blâmé par la commissaire

Le député de Brome-Missisquoi accuse Ariane Mignolet d’être en conflit d’intérêts

Le député Pierre Paradis, ici à l’Assemblée nationale en décembre 2016, a été réprimandé par la commissaire à l’éthique qui lui reproche d’avoir utilisé son allocation de logement à Québec pour « favoriser les intérêts » de sa fille et son gendre.
Photo d'archives, Simon Clark Le député Pierre Paradis, ici à l’Assemblée nationale en décembre 2016, a été réprimandé par la commissaire à l’éthique qui lui reproche d’avoir utilisé son allocation de logement à Québec pour « favoriser les intérêts » de sa fille et son gendre.

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Le député Pierre Paradis part en guerre contre la commissaire à l’éthique, qui l’a sévèrement blâmé pour avoir favorisé sa famille avec de l’argent public.

Dans un rapport dévastateur déposé mardi, Me Ariane Mignolet accuse le député de Brome-Missisquoi d’avoir utilisé son allocation de logement à Québec pour « favoriser les intérêts » de sa fille et son gendre.

Elle recommande que l’ancien ministre libéral, qui n’a pas mis les pieds au parlement depuis plus d’un an, soit tenu de rembourser 24 443,63 $ au trésor public.

Tous les élus de l’Assemblée nationale ont droit à une somme de 15 500 $ par an pour se loger dans la capitale nationale.

Entre 2009 et 2012, Pierre Paradis a loué un appartement à proximité du parlement comprenant trois chambres à coucher. Dans les faits, la fille du député, son conjoint et leur enfant habitaient le logement, dans lequel une chambre lui était réservée.

En 2012, la fille de Pierre Paradis et son conjoint ont acheté un condominium, encore une fois non loin de l’Assemblée nationale. Le député a signé un bail avec son gendre pour louer l’entièreté du logement jusqu’en 2015. Aucune pièce ne lui était alors réservée, précise le rapport.

« Les agissements du député (...) sont jugés contraires aux valeurs de l’Assemblée nationale », conclut Me Mignolet.

Une réplique coup de poing

Dans une réplique coup de poing publiée mardi soir par communiqué, Pierre Paradis reproche à la commissaire à l’éthique d’être en conflit d’intérêts.

Il soutient que la plaignante à l’origine de cette enquête est la même qui l’a accusé d’agression sexuelle, début 2017, une ancienne collègue de travail d’Ariane Mignolet.

« Votre proximité professionnelle pendant quelques années avec la plaignante, alors que vous étiez collègues à l’Assemblée nationale, nous cause un inconfort quant à votre impartialité », écrit le député.

Il soutient que la plaignante, une ancienne employée de son cabinet qui l’a accusé d’inconduite sexuelle, voulait lui faire perdre son poste de ministre et se venger.

L’élu soutient ne pas avoir contrevenu au code d’éthique en logeant sous le même toit que sa fille et son gendre. Il ajoute n’avoir retiré aucun profit personnel de cette situation.

Pierre Paradis a été démis de ses fonctions de ministre et exclu du caucus libéral l’an dernier en raison d’allégations de gestes à caractère sexuel envers une employée de son cabinet.

Depuis, il a été blanchi par le Directeur des poursuites criminelles et pénales.

Victime d’une grave commotion cérébrale à la suite d’un accident d’équitation l’an dernier, M. Paradis n’a pas encore repris ses activités d’élu.

 


Extrait du rapport de la commissaire à l’éthique

« Le député (Pierre Paradis) n’a pas fait preuve de droiture, de sagesse, d’honnêteté, de sincérité, de justice et de rigueur »


Extrait de la réplique de Pierre Paradis

« Ceci a mené à une enquête que nous qualifierons de surréaliste, tentant d’établir le nombre de fois où M. Paradis a pu dormir à l’appartement, s’il a pu établir domicile à son bureau, si la dimension des pièces et lits était suffisante, si les pleurs d’un bébé dont il est le grand-père ont pu l’empêcher d’habiter le logement, et d’autres sujets relevant de l’enquête de mœurs »